C’est dans la nuit du 15 au 16 juin 2012 qu’est décédé Maurice Segall, incontestable et attachant pionnier de la promotion de la chanson francophone d’Amérique du Nord en France. Il avait 71 ans.

Hommage lui a été rendu à plusieurs reprise durant la FrancoFête en Acadie en novembre dernier 2012. L’idée d’un “Prix Maurice Segall” destiné à encourager la relève artistique francophone y a même été lancée par l’auteur de cet article : une piste de réflexion émise après avoir pris la parole pour évoquer la mémoire de Maurice Segall face aux délégués internationaux, aux côtés de René Légère, président de la Société nationale de l’Acadie (SNA) à la salle Empress à Moncton, Nouveau-Brunswick.

René Légère aura été un des Acadiens qui a connu Maurice Segall dès la première édition des Déferlantes Francophones de Capbreton, en juillet 1998. D’où son émouvant témoignage livré en juin 2012  dans un communiqué de presse de la SNA.

“Étant tombé amoureux de la culture acadienne, Maurice Segall a été, au milieu des années 90, l’un des premiers à ouvrir la porte de la France aux artistes acadiens. C’est par la voix des Déferlantes francophones de Capbreton, dans le sud-ouest de la France, que Monsieur Segall a voulu offrir une grande vitrine aux artistes acadiens et au reste de la francophonie canadienne.

Depuis la première édition des Déferlantes francophones en 1998, il a permis à des dizaines d’artistes acadiens tels que Suroît, Joseph Edgar, Ronald Bourgeois, Grand Dérangement et Marie-Jo Thério, de présenter leurs créations au public français, et ce, sur de nombreuses scènes françaises.

Maurice Segall a été un grand ambassadeur de la culture acadienne en France. Il a permis à l’Acadie de se faire voir et de se faire entendre aux quatre coins de la France », déclare le président de la Société Nationale de l’Acadie, René Légère, qui a eu la chance de travailler étroitement avec Monsieur Segall dans l’organisation de la toute première édition des Déferlantes francophones en 1998.

Les implications de Monsieur Segall ne se limitent pas non plus qu’aux Déferlantes francophones. Son travail de sensibilisation au marché artistique acadien s’est étendu à toute l’Europe. C’est d’ailleurs en grande partie grâce à lui que l’Acadie occupe une place de choix dans plusieurs grands événements, dont le Festival Interceltique de Lorient. Ce qui est remarquable avec Maurice, c’est que tout ce travail, il ne le faisait pas pour lui ou pour faire avancer sa carrière, mais il le faisait bien pour l’Acadie”.

En attendant que l’idée d’un Prix Maurice Segall axé sur la relève de la chanson francophone d’Amérique du Nord fasse son bonhomme de chemin, revenons sur le destin sans frontières de cet amoureux de la francophonie avec cet article (réactualisé) e publié une première fois le 12 mars 2010 sur le site www.francomag.com.

Cet article a paru à l’occasion de la première édition du festival AAh ! Les Déferlantes ! accueilli du 12 au 18 mars 2010 à Portes-Lès-Valence, au Train-Théâtre dirigé depuis 2004 par Luc Sotiras. De quoi donner envie de partir à l’aventure en compagnie de Maurice Segall. Sans doute un des professionnels français les plus reconnus pour ses initiatives en faveur de la francophonie d’Amérique du Nord.

MAURICE SEGALL : Mes passerelles francophones
Parler de « figure majeure du développement de la chanson francophone d’Amérique du Nord en France » est un euphémisme quand on songe au destin de Maurice Segall.
Sa trajectoire personnelle et professionnelle s’enracine dans une triple volonté : découvrir des artistes et groupes de la relève; faire connaître en France des valeurs sûres appréciées sur leur terre natale mais souvent inconnues à travers l’Hexagone et partager avec un public toutes générations confondues ces talents qu’il met en valeur dans des événements artistiques et culturels aux accents pluridisciplinaires, entre chanson, musique, cinéma, photographie, etc.
Embarquement immédiat pour un long voyage qui va s’étaler sur plusieurs décennies. Un périple sous diverses latitudes et plusieurs continents, en suivant à la trace (ou presque) ce professionnel dont les Déferlantes Francophones ne constituent – à vrai dire – qu’une facette parmi tant d’autres d’une existence fertile en rebondissements. En indispensables et inévitables remises en question aussi qui lui ont permis de prendre en main son destin,
Quitte, évidemment, à s’aventurer sur des sentiers escarpés, bien lointains de la route toute tracée et sans surprises majeures qui l’attendait – doucement mais sûrement – jusqu’à une “retraite bien méritée” .
Une formule habituellement employée pour saluer le départ d’un salarié ayant assuré durant plusieurs dizaines d’années un emploi dans la même entreprise. Mais ici pas question de “bons et loyaux services” dans la même structure professionnelle durant plusieurs dizaines d’années.
Nous allons voyager de Paris aux Nouvelles-Hébrides et à Portes-lès-Valence en passant par le Québec et l’Acadie. Sans oublier des escales du côté de Pralognan-la-Vanoise en Savoie, et Capbreton dans les Landes ainsi que la péninsule de Cap-Breton, là-bas en Nouvelle-Ecosse.

1999, 2ème Déferlantes Francophones à Capbreton. Entre Acadie et Québec avec Ronald Bourgeois, Marie-Jo Thério et Jim Corcorran

1999, 2ème Déferlantes Francophones à Capbreton. Entre Acadie et Québec avec Ronald Bourgeois, Marie-Jo Thério et Jim Corcorran

Ce voyage à travers le temps et l’espace sera illustré d’une sélection de photos et de documents de 1998 jusqu’à nos jours

1999, 2ème Déferlantes Francophones : Ronald Bourgeois, Maurice Segall, Marie-Jo Thério et Jim Corcorran

Ci-contre : 1999, 2ème Déferlantes Francophones : Ronald Bourgeois, Maurice Segall, Marie-Jo Thério et Jim Corcorran

Oui, remontons un peu dans le temps ! Ce voyage à travers le temps et l’espace sera illustré d’une sélection de photos prises depuis 1998 jusqu’à nos jours, voici quelques semaines durant la Bourse Rideau dans la ville de Québec. 1998, c’est-à-dire les premières Déferlantes Francophones de Capbreton où nos chemins se sont croisés pour la première fois. Un événement que je venais couvrir pour le trimestriel Chorus, les cahiers de la chanson. 

La première fois que j’ai entendu parler de Maurice Segall, c’est en juin 1998, durant la réunion de rédaction trimestrielle de Chorus, au domicile de Mauricette et Fred Hidalgo. C’est lui – à la fois directeur de la publication et de la rédaction de Chorus – qui m’a mis sur la piste de Maurice. Il venait de recevoir un dossier de presse de sa part … Fred Hidalgo m’a parlé de celui qui n’était encore qu’un illustre inconnu alors que je posais une question au sujet d’une brève parue dans Chorus : une brève parmi des dizaines d’autres dans ce numéro qui faisait – comme chaque année à la même période – la part belle aux nombreux festivals organisés un peu partout en France, voire dans l’espace francophone.

Et voici que Chorus annonçait le lancement d’un nouveau festival à Capbreton (voir ci-contre) Et ce qui avait retenu mon attention dans le programme, c’est précisément le nom de l’auteur-compositeur-interprète acadien Ronald Bourgeois …Nous avions sympathisé près d’une année auparavant, en juillet 2007, sur l’archipel français de Saint-Pierre et Miquelon. Ronald s’y trouvait à l’occasion des premières Franco-Marines de SPM, festival organisé aussi bien à Saint-Pierre qu’à Miquelon, voire sur la toute proche Ile aux Marins par Henri et Marie-Andrée Lafitte. La perspective de retrouver Ronald m’emballait…

Et c’est ainsi que sur les conseils de Fred Hidalgo je téléphonais sans tarder à ce mystérieux Maurice Segall !. Lequel fut assurément très surpris par une telle démarche journalistique : Chorus s’intéressait à un festival n’ayant pas encore eu lieu ! Et voilà comment je suis arrivé à Capbreton pour une première édition accueillant plusieurs artistes et groupes qui ont – depuis ces Déferlantes 1998- souvent croisé ma route : Edith Butler, Grand Dérangement, Suroît, Grand Dérangement, etc.

 

Février 2010, Québec. Avec Luc Sotiras, directeur du Train-Théâtre avant une réunion de travail des diffuseurs européens

Février 2010, Québec. Avec Luc Sotiras, directeur du Train-Théâtre avant une réunion de travail des diffuseurs européens.

Sans Luc Sotiras, la page des Déferlantes aurait sans doute été définitivement tournée après l’été 2008

Eté 2003 à Capbreton. Luc Sotiras et Maurice Segall en compagnie de professionnels des deux côtés de l'Atlantique réunis pour créer une association ... qui ne verra jamais le jour

Eté 2003 à Capbreton. Luc Sotiras et Maurice Segall en compagnie de professionnels des deux côtés de l’Atlantique réunis pour créer une association … qui ne verra jamais le jour
Cette première édition à Portes-lès-Valence est le prétexte idéal pour évoquer le parcours de Maurice Segall … et en même temps saluer l’amicale invitation lancée par Luc Sotiras, directeur du Train-Théâtre depuis six ans. Car sans lui, la page des Déferlantes aurait sans doute été définitivement tournée après l’été 2008, après 11 éditions estivales à Capbreton et quatre autres hivernales à Pralognan-la-Vanoise. Autant de manifestations organisées sous l’égide de Passerelle Francophone, structure associative créée par Maurice et Françoise Segall. Comme l’avait spontanément confié Roland Le Blevenec en janvier 2010, aux Trois Baudets, sans la réaction de Luc Sotiras, c’en était fini des Déferlantes…
Il est vrai aussi que Luc et Maurice se connaissent depuis pas mal d’années, au gré de leur participation à nombre de manifestations organisées des deux côtés de l’Atlantique : Nuits Acadiennes, FrancoFête de Moncton, Coup de Cœur Francophone de Montréal, Bourse Rideau de Québec, L’Estival de Saint-Germain-en-Laye pour ne citer que ces quelques événements francophones parmi tant d’autres…

 

FrancoFête 2000 : Luc Sotiras en compagnie de Christian Bordatier (Wagram Music), la gérante d'artistes Carole Chouinard et Pascal Auclair (OVNI Prod)

FrancoFête 2000 : Luc Sotiras en compagnie de Christian Bordatier (Wagram Music), la gérante d’artistes Carole Chouinard et Pascal Auclair (OVNI Prod)

“Or ce festival n’existait que parce qu’il avait une âme et qu’il tenait à garder son cap d’origine”

MAURICE SEGALL : Mes passerelles francophones

« Capbreton c’est fini mais le festival continue ! » : clairement annoncée, la volonté de continuer dans le même état d’esprit s’affiche sur la page d’accueil du site officiel de AAH ! Les Déferlantes ! En témoigne la qualité et la diversité des artistes et groupes programmés, fidèles à ce que l’on avait jusqu’à présent l’habitude de voir et d’écouter sur les scènes de Capbreton et de Pralognan-la-Vanoise.

Autre indice, le long texte signé conjointement par le directeur du Train-Théâtre et le directeur de Passerelle Francophone dans le programme du festival. Evoquant les Déferlantes Francophones de Capbreton et le décalage survenu au fil du temps entre sa mairie et Passerelle Francophone – nous y reviendrons ultérieurement – Luc Sotiras et Maurice Segall s’expliquent.

«Mais il arrive, comme dans les couples, que l’on ne soit plus d’accord sur les orientations à prendre. Or ce festival n’existait que parce qu’il avait une âme et qu’il tenait à garder son cap d’origine. Le Train-Théâtre, en toute amitié et en connaissance de cause (son équipe accueillant depuis des années des artistes de la francophonie canadienne, collaborant à des projets de coopération : « le Grand 8 » et participant à des réseaux internationaux francophones) a permis que l’aventure continue ». Et les deux compères de précisent ainsi leur pensée : «Il y a eu comme une convergence évidente entre une salle qui suscite, depuis plus de 15 ans, le désir comme locomotive de moments de vérité, de rencontres, de consciences et un festival dont le moteur est l’urgence, dans un monde dans lequel on vit, d’être curieux et ouvert ».

 

Eté 2008, Capbreton : sur la grande scène avec Monique Giroux, de Radio Canada

Eté 2008, Capbreton : sur la grande scène avec Monique Giroux, de Radio Canada

“Une parenté faite de silences, de regards, de gestes, de rires et de colères retenus, ceux qui se moquent ou qui s’amusent des mêmes choses que vous”

2006, Déferlantes. Tremplin de la relève avec Suzanne Legère, Alexandra Hernandez, Damien Robitaille, Guy-Philippe Wells et Joseph Edgar

2006, Déferlantes. Tremplin de la relève avec Suzanne Legère, Alexandra Hernandez, Damien Robitaille, Guy-Philippe Wells et Joseph Edgar

Au-delà de ces déclarations communes, un autre repère s’affirme dans la présentation d’AAH ! Les Déferlantes ! Il s’agit de Monique Giroux, connue à travers tout le Canada francophone pour ses émissions sur la chanson d’expression française diffusées en direct sur Radio Canada.

On l’a souvent vu à l’œuvre à Capbreton, que ce soit sur scène ou en coulisses, notamment en train de présenter les artistes chantant dans le cadre du tremplin ayant confirmé des talents tels queDamien Robitaille, de l’Ontario, ou Alexandra Hernandez, de Saint-Pierre et Miquelon. Et on l’a aussi vu sur la (très) grande scène de Capbreton lors de la dernière édition, en compagnie du député-maire Jean-Pierre Dufau et de Maurice Segall. Incontestable spécialiste de la chanson québécoise – et plus globalement francophone d’Amérique du Nord – Monique Giroux fait allusion à la manière dont elle « se sentait bien » à Capbreton.

 

Et la voici qui reprend un extrait d’un roman de Françoise Sagan, histoire d’illustrer son état d’esprit. Une manière de voir et de vivre qui insiste sur la parenté créée au fil des éditions des Francophones de Capbreton : « Une parenté faite de silences, de regards, de gestes, de rires et de colères retenus, ceux qui se moquent ou qui s’amusent des mêmes choses que vous. Contrairement à ce qui se dit, ce n’est pas pendant la jeunesse qu’on les rencontre le plus souvent, mais plus tard, quand l’ambition st remplacée par l’ambition de partager ».

Dépliants des Déferlantes Francophones de Capbreton : 2004, 1999 et 1998

Dépliants des Déferlantes Francophones de Capbreton : 2004, 1999 et 1998

Aux Nouvelles-Hébrides, Maurice Segall est un jeune coopérant fraichement sorti de Sciences Politiques à Paris

Déferlantes 2003 : avec le député-maire Jean-Pierre Dufau

Ci-contre : Déferlantes 2003, avec le député-maire Jean-Pierre Dufau

Et c’est justement cette carte du partage que Luc Sotiras et Maurice Segall ont décidé de jouer en ce mois de mars 2010. Une carte qui fait depuis plusieurs dizaines d’années partie du jeu de Maurice Segall : il l’a d’abord joué à des milliers de kilomètres de la France, aux Nouvelles-Hébrides, jeune coopérant fraichement sorti de Sciences Politiques à Paris. Cet archipel du Pacifique c’est un des premiers repères dont il m’a parlé en ce dimanche 14 février, dans l’autobus emmenant la délégation de professionnels européens de Montréal vers la ville de Québec, pour la Bourse Rideau.

Nous sommes assis tous les deux tout à fait à l’arrière du bus, près de plusieurs personnes qui parlent, rient, ou récupèrent d’une nuit plus courte que d’habitude. De l’autre côté de la vitre défile le paysage québécois entre nature et maisons isolées avec ici et là quelques bâtiments sortant de l’ordinaire, tel le célèbre hôtel-restaurant Madrid, en bordure de route, plus proche de Montréal que de Québec, avec ses reproductions d’animaux préhistoriques qui montent la garde juste devant l’aire de stationnement.

 

Ici dans l’autobus, nous sommes loin, Maurice et moi.Embarqués durant plus de 45 minutes dans un voyage à remonter le temps. Et il est bien loin le temps où Maurice Segall faisait ses premiers pas à l’Office franco-québécois de la jeunesse.

Capbreton 2008 : sous la présidence de Pierre Barouh, réunion du jury du tremplin de la relève

Capbreton 2008 : sous la présidence de Pierre Barouh, réunion du jury du tremplin de la relève

“J’ai subi comme une sorte de choc culturel en écoutant Lindberg, la chanson de Charlebois qui tournait à ce moment là assez régulièrement à la radio”

Août 2003, Capbreton, entre Zachary Richard et Robert Charlebois

Août 2003, Capbreton, entre Zachary Richard et Robert Charlebois

«Ca a débuté il y a pratiquement 41 ans jour pour jour en février 1969. Je ne connaissais absolument rien au Québec avant de rentrer à l’Office. Avant, j’ai subi comme une sorte de choc culturel en écoutant Lindberg, la chanson de Robert Charlebois qui tournait à ce moment là assez régulièrement à la radio. A mon arrivée dans les locaux de l’Office franco-québécois je pensais que je n’y passerai qu’un an avant d’aller voir ailleurs. Et j’y suis resté plus de 20 ans, en tombant progressant amoureux du Québec, des Québécois et des Québécoises. Et ils m’ont définitivement mordu ».

Et le voici qui se met à raconter « une anecdote qui peut-être va t’expliquer bien des choses. J’ai toujours été très nul en anglais et j’ai donc fait Sciences-Po. Mais j’ai du refaire une année car à l’oral d’anglais j’ai eu un demi point sur 20 alors que j’étais par ailleurs un élève très brillant. Donc j’ai voué comme une sorte de … non pas de haine … mais de blocage par rapport à l’anglais ».

Capbreton 1998 : en compagnie de René Légère, alors directeur de la Société Nationale de l'Acadie et Janic Godin, du groupe Trans-Acadie

Capbreton 1998 : en compagnie de René Légère, alors directeur de la Société Nationale de l’Acadie et Janic Godin, du groupe Trans-Acadie

“Quand je suis rentré à l’Office je ne connaissais pratiquement rien du Québec et j’ai appris l’Histoire et la façon dont la France a traité son ancienne colonie”

Au terme de ses études, il vivra pendant un an et demi aux Nouvelles-Hébrides, l’actuel Vanuatu. C’est alors un condominium franco-britannique. Maurice Segall s’y occupe du service information de la Résidence de France entre journal et station de radio. «J’ai ainsi travaillé sur un archipel constitué des minorités francophones, anglophones et le reste de la population parlait la langue vernaculaire. C’est vrai qu’i y avait déjà une sorte de combat entre guillemets entre la Résidence de France et britannique et ça a sans doute développé ce sentiment chez moi ! Je me suis plus intéressé aux relations internationales concernant la France… mais cela dit je ne m’étais à l’époque pas du tout passionné pour les relations avec le Québec ! Quand je suis rentré à l’Office je ne connaissais pratiquement rien du Québec et j’ai appris l’Histoire et la façon dont la France a traité entre guillemets son ancienne colonie ; elle l’a lâché… Puis ca a été la découverte de l’Acadie et du Grand Dérangement, mais beaucoup plus tard. Ca m’a passionné ! ».

En poste aux Nouvelles-Hébrides de septembre 1967 à décembre 68, le jeune coopérant y développe son goût du micro et de l’information.«Je m’occupais de la programmation d’une française, avec les bulletins d’informations … en fait de toute la programmation, et ça a développé chez moi le gout de la radio et du micro. Il y avait aussi un journal de quatre pages publié tous les quinze jours, et j’y mettais des annonces locales ».

Moncton, FrancoFête 2000 : avec Patrick Verbeke et Gerry Boudreau - deux pilliers des premières Nuits Acadiennes à Paris -  et Patrice Boulliane, du groupe Blou

Moncton, FrancoFête 2000 : avec Patrick Verbeke et Gerry Boudreau – deux pilliers des premières Nuits Acadiennes à Paris – et Patrice Boulliane, du groupe Blou

Fin de l’expérience de coopérant aux Nouvelles-Hébrides, et le besoin de trouver rapidement un emploi en France

Février 2000 : entrée de la péninsule de Cap-Breton, Nouvelle-Ecosse, en route vers Sydney pour les ECMA

Ci-contre. Février 2000 : entrée de la péninsule de Cap-Breton, Nouvelle-Ecosse, en route vers Sydney pour les ECMA

Arrivent la fin de l’expérience de coopérant à l’autre bout du monde, aux Nouvelles-Hébrides, et le besoin de trouver rapidement un emploi en France. Une priorité car il allait se retrouver, en 1968, papa à 26 ans.  Il contacte sans tarder un responsable des radios françaises d’outremer, en charge par la suite des stations régionales en France. En poste à Nouméa, ce professionnel des ondes l’avait entendu sur sa station des Nouvelles-Hébrides. Appréciant son travail, il avait suggéré à Maurice de faire appel à lui à son retour en France.

Et le voici qui propose à Maurice Segall un poste dans la Drôme, “mal payé et avec le besoin de quitter Paris et d’y déménager”. Pas de quoi l’emballer l’ancien coopérant pourtant en quête d’un emploi stade à trouver rapidement … Il décline donc cette offre, espérant trouver mieux. D’où sa démarche au bureau des anciens de Science Po où plusieurs emplois lui sont proposés. «On m’a aussi parlé de l’Office franco-québécois pour la jeunesse. Du genre : je vous le dis mais je ne sais pas vraiment ce que ça vaut … j’ai donc d’abord fait le tour des autres administrations : on y était très bien payé mais si c’est pour s’’emmerder souverainement …

Finalement il s’agissait du boulot le moins payé et situé pas trop loin de là où j’habitais : ça a donc été l’Office !» En acceptant ce poste, Maurice Segall vient de mettre le pied dans un univers auquel il sera désormais toujours fidèle : la francophonie d’Amérique du Nord.

Retrouvailles à Belle-Ile-en Mer à l'occasion de l'assemblée générale des Amitiés Acadiennes

Retrouvailles à Belle-Ile-en Mer à l’occasion de l’assemblée générale des Amitiés Acadiennes

« Ca fait maintenant 41 ans que je voyage entre la France et le Québec à raison, en moyenne, de trois déplacements par an, soit plus de 120 voyages”

Lancées sous l'égide de Magic Blues et Patrick Verbeke, avec le soutien de Gerry Boudreau, les Nuits Acadiennes ont été, durant plusieurs années, un événement auquel Maurice Sergall aaussi pris une part active

Lancées sous l’égide de Magic Blues et Patrick Verbeke, avec le soutien de Gerry Boudreau, les Nuits Acadiennes ont été, durant plusieurs années, un événement auquel Maurice Segall aaussi pris une part active

Le voici devenu responsable des charters : il fallait les remplir au départ de Paris et Montréal et s’occuper de l’équipe d’accueil à Paris. Entré à l’OFQJ en février 1969, il découvre le Québec sous tous ses angles avec des déplacements réguliers de l’autre côté de l’Atlantique.

« Ca fait maintenant 41 ans que je voyage à raison, en moyenne, de trois déplacements par an, soit plus de 120 voyages. J’ai arrêté l’Office en mai 1989, à 47 ans. Je m’y emmerdais comme responsable des opérations spéciales : du genre affréter un paquebot ou m’occuper de l’année mondiale des radios communautaires ».

Et il y a aussi une autre raison qui l’incite à prendre ses distances. La secrétaire général de l’époque voulait que je réfléchisse à l’avenir de l’OFQJ. J’avais des idées pour que l’Office évolue. Tout le monde m’a félicité pour le rapport mais au bout d’un an je me suis rendu compte que n’avait bougé et n’allais pas bouger. Alors je leur ai dit : « je vous compte cher et je ne sers à rien ». Et j’ai négocié mon départ ».

FrancoFête de Moncton en 2004 : Maurice Segall en compagnie des chanteurs Gary Gallant, de l'Ile-du-Prince Edouard et Pierre Robichaud, artiste acadien établi à Montréal

FrancoFête de Moncton en 2004 : Maurice Segall en compagnie des chanteurs Gary Gallant, de l’Ile-du-Prince Edouard et Pierre Robichaud, artiste acadien établi à Montréal

“Je me suis payé un voyage au Québec pour faire le tour des différentes institutions : je me suis présenté, en expliquant mon expérience et mon envie de continuer à travailler avec le Québec”

FrancoFête 2007, au micro de Radio Canada durant la réception au consulat de France à Moncton

Ci-contre. FrancoFête 2007, au micro de Radio Canada durant la réception au consulat de France à Moncton.

Ce fameux rapport inutile lui aura cependant permis de rencontre beaucoup de monde. Mais de là à savoir de quoi allait se forger l’avenir professionnel ….

« Je n’en avais aucune idée. Je n’avais pas agi sur un coup de tête ; j’avais murement réfléchi un an à préparer cette décision. On en a parlé avec Françoise, on habitait encore à Paris, avec l’envie de continuer à travailler avec le Québec mais je ne savais pas sous quelle forme. Alors je me suis payé un voyage au Québec pour faire le tour des différentes institutions : je me suis présenté, en expliquant mon expérience et mon envie de continuer à travailler avec le Québec ».

La réponse arrive dans un premier temps de l’OFQJ (mais oui !) qui lui signe un contrat pour aider l’Office en contact avec les Francofolies de la Rochelle. “La chanson me passionne et j’ai été chargé de monter des opérations spéciales de la chanson québécoise aux Francofolies. « Quand j’ai quitté l’Office, je l’avais mis en relation avec les Francofolies de La Rochelle, ils ont continué à travailler avec moi, et ça m’a mis le pied à l’étrier pour monter ma boite !

Port de Capbreton, 2008

Port de Capbreton, 2008 : hélas la dernière édition des Déferlantes Francophones … 

“A Paris jamais je n’aurais pu monter de festival ! Le fait d’habiter en province ça a joué ! Sinon j’aurai continué à vivre de contrats sur Paris”

2007, FrancoFête de Moncton : retrouvailles avec Félix LeBlanc, du groupe Suroît

Ci-contre. 2007, FrancoFête de Moncton : retrouvailles avec Félix LeBlanc, du groupe Suroît

Puis toujours avec les Francofolies, le voici qui contacte un de ses amis, directeur général chez AGFA : “Un des gros partenaires des Francos, qui menaçait justement de quitter le festival car il n’avait plus de département son ». A la demande de Danièle Molko venue me voir pour que trouver une solution, Maurice Segall résout le problème. « Et c’est ainsi que ça s’est enchainé petit à petit vers ce qui m’intéressait, la chanson ».

 

D’où la création de Passerelle Francophone, une association loi 1901. “Au début j’ai hésité entre SARL ou association … Le statut associatif n’était pas contraignant ».

A la fin du contrat avec AGFA, l’une des étapes suivantes sera de travailler pour un festival monté dans Oise, « Québec-Oise » …

Et voici que sa femme Françoise lui parle de l’idée de déménager dans le sud-ouest : « Ca a bouleversé notre vie. On a retrouvé la maison familiale de Riscle où on n’allait que pour les vacances ; on adore cette maison ! Au début j’étais un peu sceptique vu que les hivers sont longs ! Je me suis dit qu’il va falloir beaucoup s‘aimer et on s’aime beaucoup !”.

Déménagement en 1992 : « A Paris jamais je n’aurais pu monter de festival ! Le fait d’habiter en province ça a joué ! Sinon j’aurai continué à vivre de contrats sur Paris ».

1999, Déferlantes Francophones : entourés par le groupe Suroît, Maurice Segall et Claude Eloi, adjoint à la culture de Capbreton

1999, Déferlantes Francophones : entourés par le groupe Suroît, Maurice Segall et Claude Eloi, adjoint à la culture de Capbreton et décédé le 3 octobre 2011

Printemps 1998 : dans son bulletin d'information, Pierre Toussaint annonce la création des Déferlantes Francophones de Capbreton

Printemps 1998 : dans son bulletin d’information, Pierre Toussaint annonce la création des Déferlantes Francophones de Capbreton

“Pierre Toussaint m’a lancé : “Je suis un amoureux de la Louisiane et vous du Québec”

MAURICE SEGALL : Mes passerelles francophones

Montréal-du-Gers sera dans les années 1994-95 la première opération sous le label Passerelle Francophone avec programmation québécoise mixte : entre artistes québécois avec groupes locaux. Une expérience de deux avec des artistes tels Plume Latraverse, Jim Corcorran, Fabienne Thibault, Laurence Jalbert, etc. Une belle manifestation menée à bien en partenariat avec Radio Canada qui travaillait jusqu’alors avec un festival de la chanson québécoise à Saint-Malo qui venait de s’arrêter ».

Puis, ce sera la préparation des Déferlantes Francophones de Capbreton, dans les Landes. « La première édition a eu lieu en 1998, après une année de préparation ».

Pourquoi cette commune au fait ? «Tout à fait par hasard ! Grâce à un ancien journaliste, Pierre Toussaint qui avait monté des grands rassemblements folk dans les années 70, était passionné par la musique cajun. Il m’a téléphone et demandé à me rencontrer après avoir lu un article sur moi dans La Dépêche du Midi qui avait couvert Montréal du Gers de façon étonnante ». Le courant passe vite entre les deux hommes. «Je suis un amoureux de la Louisiane et vous du Québec » lui lance M. Toussaint en le rencontrant chez lui, à Labelle dans la banlieue de Capbreton de l’autre côté d’Hossegor ».

Des contacts sont pris avec le maire de Capbreton, Jean-Pierre Dufaud, d’autant plus intéressé qu’il revient d’un voyage à Cap-Breton en Nouvelle-Ecosse. Et voici Pierre Toussaint et Maurice Segall mis en relation avec l’adjoint à la culture de Capbreton, Claude Eloi. Un élu sur lequel Maurice ne tarit pas d’éloges dans le bus qui s’éloigne de plus en plus de Montréal pour rejoindre la ville de Québec…

noter qu’aux premières Déferlantes, Pierre Toussain était au rendez-vous avec ses musiciens du groupe Bonjour Louisiane pour un concert gratuit donné à deux reprises, samedi 29 et dimanche 30 août à la Capitainerie, à Capbreton. Voir ci-dessus la double page d’une partie du programme de l’édition 1998.

“J’ai découvert l’Acadie ! Je n’y avais jamais mis les pieds et j’ai été enthousiasmé par ce que j’ai vu et entendu”

Octobre 2004, durant L'Estival à Saint-Germain-en-Laye : drapeau acadien à l'honneur

Ci-contre. Octobre 2004, durant L’Estival à Saint-Germain-en-Laye : drapeau acadien à l’honneur

Et entretemps, voici qu’arrive une invitation du Centre culturel canadien pour les ECMA (East Coast Musical Awards) organisées à Moncton, au Nouveau-Brunswick. Simone Sucher, diretrice du Centre Culturel avait contacté divers professionnels. Et le seul à lui avoir répondu en 1997 aura été le professionnel établi à Riscle, dans le Gers.

« J’ai découvert l’Acadie ! Je n’y avais jamais mis les pieds et j’ai été enthousiasmé par ce que j’ai vu et entendu. Le séjour n’a pas été long mais très intense, et je suis rentré gonflé à bloc ».

Et si on faisait un festival pour tous les francophones d’Amérique du nord, des Cajuns aux Acadien et aux Québécois, C’est le challenge lancé à Claude Eloi. Budget bouclé, feu vert du député-maire et les Déferlantes sont lancées en été 1998 : «Ca a bien fonctionné même si n’avait pas beaucoup monde ! Mais ça a été un bon début ».

Un coup d‘essai réussi malgré un contexte un peu tendu comme s’en souvient fort bien Maurice Segall. En effet, la ville de Capbreton compte alors déjà deux autres festivals d’été : contrebasse et conte : “Ils étaient déjà en place et nous regardaient avec de vilains yeux ! »
Venu seul aux ECMA, Maurice sera aussi le seul délégué français à la première FrancoFête de Moncton. Puis l’année suivante, il y viendra avec Marie-Agnès Sevestre – directrice de l’Hippodrome, scène nationale de Douai.  Les accompagnent Michel Roque, le patron de l’hôtel-restaurant La Pergola (quartier-général des Déferlantes de Capbreton !) et des membres de sa famille.

Patrice Boulliane remet le drapeau acadien à Annie Benoit, Maurice Segall et Albert Weber

Patrice Boulliane remet le drapeau acadien à Annie Benoit, Maurice Segall et Albert Weber

Impressionnante liste que celle de tous les talents venus des différentes communautés francophones du Canada, en plus évidemment des artistes et groupes québécois

20 août 2004, quotidien Sud-Ouest : Zachary Richard à la une

Ci-contre. 20 août 2004, quotidien Sud-Ouest : Zachary Richard à la une

 

Puis au fil des ans la délégation grandira aussi bien à la FrancoFête de Moncton qu’aux ECMA, avec Annie Benoit (L’Autre Distribution), Albert Weber pour la revue Chorus,avec le soutien de Gerry Boudreau, alors très engagé dans l’action artistique et culturelle de sa Nouvelle-Ecosse natale. Et la délégation ne cessera de prendre de l’importance au fil des éditions …

Impressionnante liste que celle de tous les talents francophones venus des différentes communautés francophones du Canada, en plus évidemment des artistes et groupes québécois. En 11 éditions, Capbreton aura accueilli pratiquement tout le gratin de la chanson québécoise, comme le confirme la liste très détaillée publiée sur internet. « C’est une de mes fiertés ».

Et durant toutes ces années, les Déferlantes Francophones de Capbreton, et aussi celles plus hivernales à Pralognan-la-Vanoise bénéficieront de soutiens médiatiques sans failles, comme par exemple Patrick et Marion Plouchart qui en rendront compte dans Trad’ Magazine. Certes – et Maurice le reconnait volontiers – les deux premières années, Capbreton était considéré en grande partie comme une vitrine de l’Acadie. C’était la seule manifestation pour que la scène acadienne ait une visibilité.Et en plus tous les groupes étaient au début de leur carrière : Blou, Celtitude, Transakadi, Blou, Grand Dérangement, etc.
D’où ce constat : «Tout le monde a commencé à Capbreton même si m’a posé de problèmes avec nos amis québécois. Ils ne voyaient que le Québec » Il lui faudra donc jongler dans les partenariats et les financements. Car vue de la France, l’Acadie ressemble à un bloc uni, alors que l’on se rend vite compte sur place qu’il s’git d’un puzzle dont chaque morceau doit être pris en considération, notamment dans la programmation …

 

Capbreton 2008 : Albert Weber, Pierre Barouh, Christian Sercomanens, Maurice Segall et François Louwagie

Capbreton 2008 : Albert Weber, Pierre Barouh, Christian Sercomanens, Maurice Segall et François Louwagie

Moncton 2004 : retrouvailles avec le poète acadie Gérald Leblanc, un des paroliers du groupe 1755

Moncton 2004 : retrouvailles avec le poète acadie Gérald Leblanc, un des paroliers du groupe 1755

“Les nouveaux responsables ne partageaient ni notre passion ni notre intérêt, notre militantisme pour la francophonie”

Cinéma Rio, un des importants repères des Déferlantes à Capbreton

Cinéma Rio, un des importants repères des Déferlantes à Capbreton

Les Déferlantes Francophones de Capbreton mettront aussi en valeur des écrivains, des cinéastes, des photographes, etc. « On n’a pas seulement eu des chanteurs et des groupes, mais aussi des poètes comme Gérald LeBlanc, Herménégilde Chiasson » ajoute encore Maurice Segall avant de s’interroger sur un sujet lui tenant très à cœur : le problème du renouvellement artistique en Acadie.
Alors pourquoi ça s’est arrêté en 2008 à Capbreton après toutes ces éditions ?

« D’abord il y a eu des dégradations des relations interpersonnelles entre l’équipe de Passerelle Francophone les bénévoles et l’équipe de la mairie de Capbreton. Le changement de l’adjoint culturel n’arrange pas la situation. Une sorte de méfiance s’installe, la dernière année a été atroce …”Et vient s’y greffer un étrange état d’esprit : L’impression qu’on ne travaillait pas ensemble … Les nouveaux responsables ne partageaient pas notre passion ni notre intérêt, notre militantisme pour la francophonie ».

“Globalement je garde un excellent souvenir de ces Déferlantes. Et le sentiment d’avoir donné leur chance à des groupes et artistes. On a été des pionniers, des défricheurs”

Capbreton 2007 : photo-souvenir avec une partie du groupe des bénévoles composé de membres de la famille et d'amis

Capbreton 2007 : photo-souvenir avec une partie du groupe des bénévoles composé de membres de la famille et d’amis

Et qu’en est-il de la programmation de pointures de la chanson française comme Jacques Higelin en 2007 ou Cali en 2008 ? Des artistes qui n’avaient pas grnd chose à voir avec la chanson francophone d’Amérique du Nord …

« Ce n’était pas mon désir mais j’assume ma responsabilité. J’ai dit oui, j’étais aussi pris par la folie de grandeurs ! Avec la configuration de la dernière édition j’ai trouvé enfin ca ressemblait à un festival avec Tr Yann, Cali et les autres … une très belle scène avec en plus un petit village … on aurait pu conserver tout ça, mais ce n’était plus ce même côté familial, avec service d’ordre : insupportable, ce qu’on ne voulait pas”.
Et Maurice Segall de se souvenir : « Higelin a mangé sous la tente … Cali était prêt après le concert faire la fête sous la tente mais on n’était pas en mesure d’assurer de le ramener à l’hôtel »
Et évoquant des personnes telles que son frère Jean-Michel, ou Catherine Todorivitch, ou pour la dernière année Christian Sercomanens pour la coordination des transports – pour ne citer qu’eux – il ajoute « : Il faut dire aussi que j’ai été très bien secondé ! Non, je n’ai pas de regrets. Le lieu était magique. On a fait notre temps. Globalement je garde un excellent souvenir de toutes ces Déferlantes. Et le sentiment d’avoir donné leur chance à tant de groupes et artistes. On a été des pionniers, des défricheurs ».

Capbreton 2007 : Maurice et Françoise Segall, devant la scène en plein air accueillant le tremplin de la relève remporté cette année-là par Alexandra Hernandez

Capbreton 2007 : Maurice et Françoise Segall, devant la scène en plein air accueillant le tremplin de la relève remporté cette année-là par Alexandra Hernandez

“A Pralognan-la-Vanoise, ça a démarré encore plus fort qu’à Capbreton avec la patinoire pleine à craquer pour Swing”

Patrick Mehidi premier interlocuteur de Maurice Segall pour les Déferlantes Hivernales

Ci-contre. Patrick Mehidi premier interlocuteur de Maurice Segall pour les Déferlantes Hivernales

Exit donc Pralognan-la-Vanoise où ont été organisées quatre éditions des Déferlantes Francophones Hivernales. A l’instar du coup de fil de Pierre Toussaint qui a tout déclenché pour Capbreton, un autre contact servira de déclic pour ce village au cœur de la montagne. « Ca a i-contrede manière conviviale, encore une et une affaire de rencontre. J’ai suivi les conseils d’un professionnel de France bleu Gascogne qui avait une maison en Savoie et m’a dit de m’intéresser à Pralognan. Alors que je n’aime pas la neige, ni la raclette…
J’ai mis du temps à accepter. On y est allé, on a eu un bon accueil du maire et du responsable du tourisme, Patrick Mehidi. Ca a bien cliqué entre nous. Et ça a démarré encore plus fort qu’à Capbreton avec la patinoire pleine à craquer pour Swing. On a aussi eu de la chanson à texte avec Chloé Sainte-Marie, Louise Forestier, et tant d’autres encore. J’ai toujours aimé faire des mélanges de styles ».

Après Patrick Mehidi il y aura Patrice Garin, coordinateur des 3ème Déferlantes Francophones Hivernales. Et là aussi belle complicité … Puis – comme pour Capbreton – voici que naissent des «divergences de points de vue avec l’arrivée d’une nouvelle équipe à l’office de tourisme »… et puis l’on plie bagages, quitte à partir en autobus en quittant Pralognan-la-Vanoise et son merveilleux décor naturel.Oui, une autre page se tourne, au bout de quatre éditions en 2007. Il y aura aussi l’épisode de Fez qui ne tiendra pas la route : organiser des Déferlantes au Maroc ? Pourquoi pas, suite au projet lancé par des professionnels venus à Pralognan-la-Vanoise et à Capbreton. « On a même été à Fez, avec Françoise, à leur demande, mais ça na pas marché. Pas de garantie pour que les artiste seraient bien payés et que nous aussi nous serions payés… ».

Dernières Déferlantes Francophones à Capbreton : la foule pour les Cow-boys Fringants en 2008

Dernières Déferlantes Francophones à Capbreton : la foule pour les Cow-boys Fringants en 2008

Présent et avenir se sont conjugués à Portes-lès-Valence pour Maurice Segall plus que jamais passionné par la chanson francophone

2007, Capbreton : avec Plume Latraverse, à la terrasse de la Pergola

Ci-contre. 2007, Capbreton : avec Plume Latraverse, à la terrasse de la Pergola

Présent et avenir se sont conjugués en 2010 désormais à Portes-lès-Valence pour Maurice Segall alors plus que jamais passionné par la chanson francophone d’Amérique du Nord. Et pas seulement par elle ! Souvenirs souvenirs … Voici que ce Lion ascendant Lion se souvient des deux premiers disques achetés : Guy Béart et Serge Gainsbourg, « Le poinçonneur des Lilas, le disque avec la pochette rouge ». 

La jeunesse de Maurice Segall a également été nourrie de Brassens, Ferré et Ferrat et – “sous l’influence de mes frères branchés rock” – par les Beatles. « Il n’y avait alors pas de Québécois qui passait à la radio, sauf Aglaé, une chanteuse québécoise aujourd’hui bien oubliée ! 
Au rayon des coups de cœur personnels, que retient Maurice dans l’incroyable diversité d’artistes francophones rencontres au fil de tous ces festivals organisés ou auxquels il a pris part des deux côtés de « la Grande Mare « ? Plusieurs noms surgissent spontanément , tels Plume Latraverse, Daniel Boucher, Jim Corcorran, Marie-Jo Thério et d’autres encore…

“On continue Passerelle Francophone, Françoise et moi”

Dernières Déferlantes Francophones à Capbreton : Jean-Michel et Françoise Segall

Ci-contre. Dernières Déferlantes Francophones à Capbreton : Jean-Michel et Françoise Segall

« On est heureux de se voir. C’est ce qui est en train de se passer avec Moran et Catherine Major. Pas des gens avec des carrières toutes tracées, avec juste l’envie de faire carrière, non » explique-t-il, en glissant aussi en mentionnant également Elisapie Isaac. A 67 ans et demi, le directeur artistique d’AAH ! Les Déferlantes n’a pas l’intention d’arrêter : “On continue Passerelle Francophone, Françoise et moi ». 

Ce sera (presque) le mot de fin, au terme de cet étonnant retour vers le passé dans lequel nous avons embarqué tous les deux, alors que l’autobus continue à se rapprocher de la ville de Québec.de la Bourse Rideau. Encore un de ces événements artistiques où, une fois de plus, Maurice Segall sera sollicité – très sollicité même – en vue de la programmation du festival de 2001, voire déjà 2012. 

Capbreton 2008 : juste avant le concert de Catherine Major et de Cali. (Photos Albert Weber - Tous droits réservés - Reproduction interdite)

Capbreton 2008 : juste avant le concert de Catherine Major et de Cali. (Photos Albert Weber – Tous droits réservés – Reproduction interdite)

 

8 août 2000, dans Sud-Ouest, au lendemain des 3ème Déferlantes Francophones

8 août 2000, dans Sud-Ouest, au lendemain des 3ème Déferlantes Francophones
MAURICE SEGALL : Mes passerelles francophones

11 novembre 2004, durant la Franco-Fête de Moncton : entretien dans le quotidien L'Acadie Nouvelle

11 novembre 2004, durant la Franco-Fête de Moncton : entretien dans le quotidien L’Acadie Nouvelle

Déferlantes Francophones 2003 : plusieurs pages leur sont consacrées dans la publication des Amitiés Acadiennes

Déferlantes Francophones 2003 : plusieurs pages leur sont consacrées dans la publication des Amitiés Acadiennes

Deux des quatre programmes des Déferlantes Hivernales de Pralognan-la-Vanoise

Deux des quatre programmes des Déferlantes Hivernales de Pralognan-la-Vanoise

Un des bulletins d'information distribué chaque jour durant les dernières Déferlantes Francophones à Capbreton

Un des bulletins d’information distribué chaque jour durant les dernières Déferlantes Francophones à Capbreton

8 août 1998, quotidien L'Acadie Nouvelle après les premières Déferlantes Francophes à Capbreton

8 août 1998, quotidien L’Acadie Nouvelle après les premières Déferlantes Francophes à Capbreton

 

29 mai 2009, le journaliste Yannick Delneste également membre de la rédaction de Chorus, confirme le départ des Déferlantes de Capbreton pour Portes-lès-Valence

29 mai 2009, le journaliste Yannick Delneste également membre de la rédaction de Chorus, confirme le départ des Déferlantes de Capbreton pour Portes-lès-Valence

18 juillet 2005 : il est question d'audace et qualité mis en relief dans le quotidien Sud-Ouest

18 juillet 2005 : il est question d’audace et qualité mis en relief dans le quotidien Sud-Ouest

Août 2005 : double page sur les Déferlantes à l'Ile Maurice, dans l'hebdomadaire Week-End, à l'initiative d'Albert Weber et Clarel Betsy

Août 2005 : double page sur les Déferlantes à l’Ile Maurice, dans l’hebdomadaire Week-End, à l’initiative d’Albert Weber et Clarel Betsy

26 août 1998, Dernières Nouvelles d'Alsace : coup de projecteur sur les premières Déferlantes Francophones de Capbreton

26 août 1998, Dernières Nouvelles d’Alsace : coup de projecteur sur les premières Déferlantes Francophones de Capbreton

17 septembre 1999, Courier de Nouvelle-Ecosse : compte-rendu des 2ème Déferlantes suite aux contacts pris par Gerry Boudreau

17 septembre 1999, Courier de Nouvelle-Ecosse : compte-rendu des 2ème Déferlantes suite aux contacts pris par Gerry Boudreau

Août 2000 : Passerelle Francophone alias Maurice et Françoise dans le quotidien Sud-Ouest

Août 2000 : Passerelle Francophone alias Maurice et Françoise dans le quotidien Sud-Ouest