CLAUDE VALLIERES-JOFROI : SOIRÉE FRANCOPHONE AU PETIT THÉÂTRE DE QUÉBEC

Coup de projecteur sur deux concerts de Jofroi et Claude Vallières accueillis les 4 et 5 novembre 2016 par le Petit Théâtre de Québec, dans la ville de Québec.

Mis sur pied par Manon Gagnon sous l’égide de Notre Sentier Production, ce double événement a suscité un article de Richard Baillargeon.

Cet authentique passionné de chansons français est également auteur d’un livre que je vous recommande sans hésitation : 401 petits et grands chefs-d’oeuvre de la chanson et de la musique québécoises.

 

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Un programme double, qu’est-ce qu’on en dit ?
– Claude Vallières et Jofroi à Québec -

C’est un peu pour répondre à cette interrogation de Sylvain Lelièvre que je suis allé à la rencontre de deux «hommes qui chantent» en fin de semaine dernière.

Le Petit théâtre de Québec, sympathique salle nouvellement ouverte rue St-Vallier ouest, à l’entrée du quartier St-Sauveur de notre Capitale, accueillait Claude Vallières – un gars du voisinage – et Jofroi, de Cabiac un petit village occitan du Gard.

Ces deux artisans des mots composent et livrent leurs propos un peu à la façon des troubadours, sans décor, armés d’une simple guitare, comme on le faisait encore il y a quelques décennies.

Pour les gens du Québec, l’image évoquée est celle de la boîte à chanson typique. Pas qu’on y soit nostalgique: les relations humaines, le travail, la paternité, les recettes de cuisine… sont toujours d’actualité. Il est simplement relaxant d’en parler, et d’en entendre parler directement, sans les artifices qui accompagnent souvent les rimeurs contemporains.

 

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 Du reste chacun des personnages invités a sa façon propre et distincte de présenter ses observations et ses réflexions à la ronde.

Claude Vallières a le profil de l’artiste polyvalent qui revient toujours à la chanson, et de plus en plus sérieusement depuis le début du siècle alors qu’il s’est joint au groupe a capella La Bande magnétik, puis grave un premier album solo “Souffle” en 2011.

De son expérience ‘akapelliste’ il a gardé le goût des sonorités libres, pour la simple beauté des sons. Pensons à «…Célakifaukalaye» ou à “Rosa rosit”.

C’est aussi un tendre qui se demande “Combien d’enfants s’ennuient” et n’a que de bons mots pour sa “Grande chum”.

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Jofroi n’est pas inconnu à Québec, par les bons soins notamment du vieux routier Pierre Jobin ou de la jeune maison de production Notre Sentier qui a justement initié les deux soirées des 4 et 5 novembre au Petit théâtre.

Dès son entrée sur scène, on ressent la douce assurance du gars qui en a vu beaucoup et qui n’en apprécie pas moins la nature humaine. Son récital intitulé «Bonjour les humains!» a quelque chose de stimulant malgré certains constats plutôt pénibles.

Comment expliquer en effet qu’après l’écoute de “Si ce n’était manque d’amour”, “Petit père” ou “Dire qu’on a marché sur la lune” on ait tout de même envie de répandre un peu de beauté alentour. À la veille d’un scrutin étrange, on se remémore soudain un «Yes, we can».

Il y a un mot pour ça: le charisme. Et Jofroi n’en manque pas !

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Texte Richard Baillargeon

Photos Isabelle Howard

“MERCI AU PETIT THÉÂTRE DE QUÉBEC D’AVOIR REÇU

DANS CE LIEU MAGNIFIQUE LA CHANSON D’AUTEUR”

 Suite à ces deux concerts, voici la réaction de Manon Gagnon parue sur sa page Facebook et reproduite ici dans son intégralité.

« …La chanson dite marginale, car les sentiers de buissons et d’épines ont des cheminements profonds que l’autoroute ignore. »

(Extrait d’une dédicace de Claude Nougaro à Fred Hidalgo pour les 10 ans de Paroles & Musique en 1991.)

L’industrie musicale est difficilement accessible aux artistes de la chanson vivante. Celle-ci mérite pourtant d’être reconnue à sa juste valeur, ayant un rôle primordial à jouer dans la préservation et le développement de la langue française.

Je suis d’une grande reconnaissance envers les artistes Claude Vallières et Jofroi qui ont offert des prestations de grande qualité. Ils ont coloré de poésie et réchauffé notre mois de novembre.

Je remercie Stéphane-Antoine Comtois et Isabelle Howard du Petit Théâtre de Québec d’avoir reçu dans ce lieu magnifique la chanson d’auteur. Merci à votre soutien et accueil chaleureux. Les lieux accueillants la chanson d’auteur étant si rares.

Je remercie Paulette Dufour Communications, Denys Lelièvre de CKRL, Tanya Beaumont de CKRL, Christine Borello de CKIA, Richard Baillargeon de Québec Info Musique, Albert Weber de Planète Francophone, Klody Tremblay, Martin Lavoie & Ginette Dulac d’Espace Martin-Lavoie, Michel Leclerc de la Maison des Leclerc…

Je remercie les amoureux de la Chanson, les curieux, les esprits ouverts, les amoureux de la langue française, les passionnés de la poésie, les artistes soutenant leurs collègues artistes, mes amies et amis, etc”.

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Retrouvailles d’après-concert. Photo Klody Trembaly

 Site de Jofroi

Site de Claude Vallières

Site du Petit Théâtre de Québec

CLAUDE VALLIÈRES : “SOUFFLEUR DE MOTS” ENTRE VACHE ET CARIBOU

J’aime les mots pour ce qu’ils disent, ce qu’ils laissent entendre et sous- entendre ».

C’est avec un tel aveu qu’on peut mieux comprendre et apprécier l’auteur-compositeur-interprète québécois Claude Vallières.

PRENDRE LE TEMPS DE SAVOURER PAROLES ET MUSIQUES

“Souffles”, titre de son concert à la salle des fêtes de Verneuil-sur-Avre, samedi 16 août 2015, confirme avec éclat une évidence : cet illustre inconnu en France retient incontestablement l’attention d’un public qui prend le temps de savourer ses paroles et ses musiques.

Entre titres de son album “Souffles” sorti en 2011 et inédits du nouvel album prévu au cœur du prochain hiver québécois, cet auteur-compositeur-interprète s’aventure avec talent sur scène, d’une voix ferme et nuancée, entre chansons et lecture d’extraits de ses livres.

Ici pas de “tube” québécois mais la talentueuse volonté de raconter des tranches de vie ordinaires qui – à travers les mots du chanteur – deviennent extra- ordinaires.

Pas de lyrisme exacerbé ou de misérabilisme à fleur de peau, mais tout simplement un homme bien dans sa peau qui raconte la vie et se raconte sans narcissisme mais avec bon sens, voire humour.

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” A 14 ANS JE DÉMONTAIS LES CHANSONS DE SYLVAIN LELIEVRE”

“Mon premier rendez-vous” ; “Ta voix me manque” ; “Ma meilleure” ; “Tu l’vois pas”, etc. : soit plus d’une heure de concert sans temps mort. Mais Claude Vallières ne se contente pas d’offrir ses propres chansons.

Il s’envole aussi du côté de deux créateurs incontournables dans l’Histoire des arts et des lettres du Québec : le chanteur Sylvain Lelièvre et le romancier Jacques Poulin.

Pratiquement inconnu en France, Sylvain Lelièvre a intensément marqué la chanson québécois tant pour ses textes que ses choix musicaux.

Et Claude Vallières de préciser : “Un des plus grands auteurs-compositeurs-interprètes dans l’Histoire de la chanson du Québec à ranger selon moi au rang de Félix Leclerc, Gilles Vigneault ou Richard Desjardins”.

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“LE JOUEUR DE PIANO” EN HOMMAGE A SYLVAIN LELIEVRE

S’il est devenu chanteur, c’est grâce à un titre de Sylvain Lelièvre découvert à 14 ans : “La chanson parlait de mon quartier. Je ne comprenais pas qu’on parle des gens de mon quartier avec autant de justesse d’émotion”.

A l’âge où ses copains démontent tondeuses à gazon et radios pour en comprendre le fonctionnement, Claude Vallières, lui, démonte … les chansons de Sylvain, en les réécrivant, en cherchant à comprendre comme elles ont été créées !

D’où l’intensité du texte “Le joueur de piano” lu par Claude Vallières en hommage à cet artiste disparu à 59 ans.

Puis, en reprenant a capella “Marie-Hélène”, un des refrains les plus connus du père d’Éric Lelièvre” – avec le public claquant des doigts – Vallières rend un hommage plein d’entrain à celui qui a disparu prématurément …

Victime d’une “embolie au cerveau”, alors qu’il était ENFIN en train de franchir une étape décisive dans sa carrière soutenue par les médias et de plus en plus appréciée par le grand public.

 

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Claude Vallières et Bernard Joyet

 

“JACQUES POULIN FAIT DE MOI UN MEILLEUR ETRE HUMAIN”

Autre repère pour Claude Vallières, l’écrivain québécois Jacques Poulin, écrivain québécois publié à travers toute la francophonie

“Quand je le lis, j’ai l’impression que ça fait de moi un meilleur être humain, à cause de la tendresse, de la beauté” raconte Claude Vallières avant de lire “une petite nouvelle avec un personnage de préposé aux bénéficiaires dans un centre pour personnes âgées”.

“Comme un livre de Jacques Poulin” évoque le destin d’une vieille dame qui finit par être comprise et respectée … grâce à une rencontre décisive !

Claude Vallières au festival La vache et le caribou ? C’est dire l’importance d’événements comme celui de Verneuil-sur-Avre programmant des talents souvent peu médiatisés originaires de France, du Québec et de l’Acadie. Mais il est vrai que la médiatisation n’est pas un signe infaillible de qualité !

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LA POÉSIE DE LA VRAIE VIE

Poétique dans son écriture, le concert de Claude Vallières s’enracine dans la vraie vie. Celle de tous les jours entre passions et remises en question, coups de soleil et zones ombragées.

En témoigne par exemple la chanson “Rose de Mont-Laurier” sur Bertrand, 94 ans, “tout un personnage” ! Un ancien tailleur de pierre à main nus durant une soixantaine d’années…

Claude Vallières raconte aussi des souvenirs d’école aux odeurs d’arachide et aux senteurs désagréables de l’usine de pâte à papier…

Souvenir d’un copain d’enfance dyslexique pour qui l’école fut un cauchemar : belle source d’inspiration sur le thème “Combien d’enfants s’ennuient” titre d’une chanson des plus réalistes du concert suivi par Bernard Joyet et Serge-André Jones.

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BIEN LOIN DES TENACES CLICHÉS DU CHANTEUR QUÉBÉCOIS

Évidemment, Claude Vallières ne correspond pas à l’image du chanteur québécois avec chemise à carreaux rouges et noirs et accent à couper au couteau.

De quoi décevoir sans doute l’auteur du compte-rendu de ce concert sur le blog du festival affirmant : « Un accent à la Félix Leclerc, à la Gilles Vigneault, une touche forte semblable aux ambiances peintes par Lisette Tardy, l’artiste qui ouvrit l’an dernier le festival de la Vache et du Caribou, auraient apporté le vent attendu de la puissante forêt canadienne”.

Franchement, avec de telles idées préconçues, difficile de savourer à sa valeur ce concert à deux guitares et une voix ! Avec en prime une judicieuse utilisation du “boucleur sonore” !

De quoi embarquer le public conquis dans un chant aux accents africains, grâce à la surprenante phrase lancée par la mère durant l’enfance du chanteur ! Rien à voir avec un artiste québécois aux refrains traditionnels avec chansons à répondre en chœur…. et pourquoi pas avec cet artiste qui enseigne aussi à l’École Nationale de la Chanson de Granby ?

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1er CONCERT EN FRANCE DE “NOTRE SENTIER”

Reste le souvenir d’un concert qui aura fait voyager le public au Québec mais aussi ailleurs. Car nombre de chansons de Claude Vallières ont des accents universels.

Inviter cet artiste à chanter à Verneuil-sur-Avre, c’est une superbe décision signée Fabien Perucca, âme de ce festival franco-québécois…

Une initiative prise suite à la suggestion signée Notre Sentier (Production, Gestion Événementielle) de Manon Gagnon. Laquelle a été applaudie à l’invitation de Claude Vallières dans les remerciements, … juste avant la dernière chanson suivie par près de deux minutes d’applaudissements …

Et c’est reparti avec “Envolé”, un des titres du futur album, et “Congé d’école” de l’album “Souffles” !

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“PLUS DE DEVOIRS, PLUS DE LEÇONS” EN CHŒUR PAR LE PUBLIC

“Plus de devoirs, plus de leçons” chantera d’ailleurs en chœur le public ravi, accompagnant Claude Vallières , visiblement heureux de cette complicité avec le public du Festival “La vache et le caribou”.

C’est évident : Claude Vallières aurait tout à fait sa place dans le prochain festival Chanson de Parole de Barjac cher à Jofroi et -Anne-marie Henin .

A suivre donc.

Albert Weber

www.claudevallieres.com

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ILE D’ORLÉANS, FORGE A PIQUE-ASSAUT : QUELLE RELÈVE POUR LE FORGERON D’ART GUY BEL ?

A l’occasion de la 20ème édition du Festival Pully-Lavaux à l’heure du Québec organisé au bord du Lac Léman, en Suisse du 3 au 12 juin, coup de projecteur sur un des incontournables pionniers et piliers de cet événement international marqué par la remise de trophées portant son nom.

Place à une rencontre rare, avec un créateur assurément pas comme les autres : le forgeron d’art Guy Bel dont la vie et l’œuvre sont évidemment indissociables de la Forge à Pique-Assaut ouvert en 1977 sur l’Ile d’Orléans.

 

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Guy Bel et Sylvie Lavoie, directrice de la Forge à Pique-Assaut

 

Attention ! Avant de vous parler de Guy Bel, une précision s’impose : prenez vraiment le temps de lire cet article en ne vous contentant pas de le survoler en jetant un rapide coup d’oeil aux photos signées Manon Gagnon. Car pour comprendre et apprécier la vie et l’œuvre de Guy Bel, il faut prendre tout son temps.

Et si les Trophées Guy Bel sont remis tous les deux ans au dernier soir du festival, c’est qu’ils ont été fabriqués loin de la Suisse, dans la Forge à Pique-Assaut qu’il a ouvert en 1977 avec le soutien de Sylvie Lavoie. Un couple uni par une passion déclinée jour après jour dans une forge qui est bien plus que cela.

Ce lieu regroupe non seulement un atelier mais aussi une collection de pièces et outils anciens ainsi que des créations uniques et contemporaines, sans oublier un centre de documentation et une boutique (meubles exclusifs, chandeliers, accessoires de foyers, quincaillerie, etc).

“BONJOUR MONSIEUR LE FORGERON”

C’est le nom d’une chanson que l’auteur-compositeur-interprète québécois Mario Brassard a composé en hommage à Guy Bel.

“Bonjour Monsieur le Forgeron”, c’est en effet le titre qui figure sur “Droit au Cœur”, le 1er album de l’artiste sorti en 1996. Et il  vient d’être mis en images par Manon Gagnon dans un expressif montage de photos signées Philippe Saint-Gelais, extraites du reportage “Le Feu au Cœur” réalisé par Julien Fréchette en mars 2014 pour la Fabrique Culturelle.

Le montage comprend aussi des photos de l’Ile d’Orléans signées Manon-Maude qui replacent la Forge Pique-Assaut dans son environnement naturel. Un montage à découvrir ICI.

A vrai dire, Mario Brassard et Guy Bel ont un sacré point en commun : tous les deux participent au Festival Pully-Lavaux à l’heure du Québec depuis sa première édition ! Une histoire d’amitié entre les deux Québécois et Rico Perriard, président du festival. Lequel explique sur le site du festival :

“Depuis l’édition 2004 du festival Pully-Lavaux à l’heure du Québec, notre comité a voulu récompenser nos artistes par un trophée qui pourrait devenir plus célèbre que les «Oscars»…

Pour réaliser cette œuvre, le festival s’est approché de Guy Bel, sculpteur-forgeron de l’Ile d’Orléans au Québec. Cet artiste présent à notre événement depuis sa naissance en 1996 est donc le concepteur des trophées qui réunit les deux continents sur une portée musicale prise dans l’arc-en-ciel de l’amitié. Cette nouvelle preuve de fraternité entre Québec et Pully-Lavaux méritait bien, dès lors, l’appellation «Guy Bel».

Cet hommage est donc décerné aux meilleurs auteurs-compositeurs-interprètes (féminin et masculin) à la révélation du festival et à l’artiste nommé par le jury. Dès l’année 2008 un 7e prix sera attribué par la Ville de Pully à un artiste ou à un groupe talentueux, convaincant et attachant.

Les récompenses sont accompagnées d’un montant de 1000 francs suisses offert par différents sponsors dont le nom est annoncé lors de la remise des trophées”.

 

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Le temps des chansons sur l’Ile d’Orléans. De gauche à droite Caroline Desbiens, Guy Bel, Rico Perriard, Henri-Paul Bénard (groupe Suroît) et Mario Brassard

 

GUY BEL, MARIO BRASSARD, RICO PERRIARD : AMICALES PASSERELLES FRANCOPHONES

C’est d’ailleurs durant ce festival que Mario Brassard interprètera en public pour la première fois cette fameuse chanson composée pour Guy !

Il y a décidément bien des passerelles artistiques et amicales entre Guy Bel, Rico Perriard et Mario Brassard, un artiste québécois sans aucun doute trop peu reconnu au Québec alors qu’à chacun de ses concerts en Suisse, il est accueilli à bras ouverts par un public qui connait ses chansons par cœur.

Ayant vécu un tel concert marqué par autant de chaleur humaine, je me demande bien ce qu’attend le Québec pour enfin reconnaître à sa juste valeur un tel auteur-compositeur-interprète. A ce jour Mario Brassard est en effet LE SEUL artiste québécois qui a chanté à TOUTES les éditions du festival Pully-Lavaux à l’heure du Québec.

“Mario Brassard est un homme modeste, trop modeste certainement. Cette année il réussit à battre tous les records puisqu’il sera couronné champion du monde du Festival Pully Lavaux à l’heure du Québec.

Oui, en effet, c’est le seul artiste qui les aura toutes faites…les éditions du Festival. Il n’en n’a donc raté aucune ce poète généreux, imprégné et talentueux qui chante mieux que quiconque les doux murmures du fleuve Saint-Laurent qu’il affectionne tant, mais aussi les humains, les vrais, les beaux humains, ceux qui ont une grandeur d’âme, et qu’il sait magnifier mieux que quiconque à travers ses textes et ses musiques. Vous ne devez rater sous aucun prétexte les concerts de Mario Brassard, artiste exceptionnel, hors du temps !”

Cea fait grand plaisir de relever – sur le site du festival – une telle présentation à propos d’un “illustre inconnu” dans son propre pays, par ailleurs remarqué à Saint-Pierre et Miquelon par Henri Lafitte dans ses célèbres chroniques insulaires sur le site mathurin.com.

 

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“A LA RECHERCHE D’UN FORGERON D’ART POUR ÊTRE PARTENAIRE”

Et Guy Bel alors ?

Certes, vous avez bien saisi l’importance du Guy Bel dans l’Histoire de ce festival dont il assure la fabrication des trophées comme en témoignent ces photos signées Manon Gagnonet prises mercredi 11 mai à la Forge à Pique Assaut

S’il était important de situer ce forgeron d’art dans un contexte plus large incluant à la fois le chanteur Mario Brassard et le président du festival Pully-Lavaux à l’heure du Québec, il faudrait tout de même préciser quelques points très importants.Avec sa moustache en bataille, et son éternel béret basque, le créateur des Trophées Guy Bel est désormais à la croisée des chemins. Certes, à  80 ans, il continue encore à créer. A répondre à des commandes. Il travaille en ce moment à un portail pour La Seigneurie de l’île d’Orléans.

Mais quel est l’avenir de la Forge à Pique-Assaut ?

“Où trouver la relève?” lance Sylvie Lavoie. “Quand on parle de la relève, c’est qu’on cherche quelqu’un, un forgeron d’art qui est prêt à être partenaire avec tout ce que cela comporte. C’est notre souhait à Guy et moi mais c’est pas facile. Alors en attendant, on tient le phare on continue à répondre aux besoins de notre clientèle à la forge, à la boutique, avec du travail sur mesure”.

 

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“NOTRE DÉFI RELEVÉ DEPUIS 1977 : REDÉCOUVRIR LES TECHNIQUES TRADITIONNELLES DE FORGE ET AUSSI EN VIVRE”

C’est sûr, les années ont passé trop vite depuis que Guy Bel a construit La Forge en 1977 avec une boutique à l’étage.

Dès le début, durant la saison touristique, avec sa femme Sylvie Lavoie, il a accueilli les touristes locaux et étrangers, individuels ou en autocar, et offert des démonstrations de son savoir-faire.

Et durant ces décennies, la recherche des outils anciens dont il avait besoin et dont il rêvait pour aller plus loin dans sa quête de l’excellence aura été constante. Au fil des ans, il achètera notamment trois magnifiques marteaux- pilons centenaires ! Imposants et fonctionnels et bien installés dans la forge, ils impressionnent les visiteurs et font rêver les artisans du métal. Il a redonné vie à une manière de travaillerde en défiant le temps et la technologie

Sylvie Lavoie, collaboratrice et conjointe de Guy Bel, précise avec détermination: “Depuis l’ouverture en 1977, nous avons relevé un défi : redécouvrir les techniques traditionnelles de forge et aussi en vivre !

En 1996, un agrandissement de l’atelier s’imposait afin de pouvoir s’attaquer à des travaux d’envergure. C’est à ce moment que nous sommes devenus membre du réseau Économusée dont la mission rejoint celle que Pique-Assaut s’est donnée : garder vivant ce métier et le faire connaître au grand public. Un centre d’interprétation est venu compléter l’infrastructure culturelle. Une rampe d’escalier forgée, spectaculaire par la technique et l’originalité est le centre de cette exposition conçue et réalisée par Guy”. 

Pendant toutes ces années Guy Bel formera  à ses frais la main d’œuvre qualifiée (environ une quinzaine en trente ans) dont il a besoin pour réaliser ses contrats : Place Royale, Forteresse de Louisbourg, Fort Lévis etc.

 

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“Y-A-T-IL UN AVENIR POUR CE GENRE D’ENTREPRISE SANS LA VOLONTÉ POLITIQUE DE NOS ÉLUS?”

Vous comprendrez dès lors qu’aujourd’hui plus que jamais la relève est au cœur des préoccupations de Guy Bel et Sylvie Lavoie ! Car aucun des apprentis ou forgerons formés ne pouvait ou ne voulait s’impliquer financièrement ….

D’où leur question des plus urgentes : “En cette ère de mondialisation et de surconsommation, La Forge à Pique Assaut entreprendra sa 40 ème année. Y-a-t-il un avenir pour ce genre d’entreprise sans la volonté politique de nos élus?

Nous recherchons de jeunes partenaires et éventuellement acheteurs. Connaissant la dure réalité du quotidien d’un artisan, nous sommes conscients que ce patrimoine bâti ne peut être acheté par un jeune sans aide financière. Nous nous rendons compte très vite qu’aucun programme d’aide pour les Métiers d’art n’est prévu pour le maintien d’ateliers  exceptionnels ou pour la transmission des savoir-faire traditionnels.

Nous perdons deux très bons candidats qui auraient été capables d’assurer la relève. Notre défi alors : sensibiliser et demander de l’aide auprès des organismes qui représentent les artisans et dont nous sommes membre: le Conseil des Métiers d’Art et le Réseau Économusée.

Bien que  l’écoute soit bonne, il est clair qu’ils en ont déjà plein les bras avec d’autres dossiers et surtout que sans programme de subvention bien établi, ils n’ont aucun pouvoir. Vient ensuite notre approche auprès des élus : ceux qui ont le pouvoir. D’abord notre député  M. Raymond Bernier qui, convaincu du bien-fondé de notre demande fait cheminer notre dossier au bon endroit. En 2011 à la demande de Mme Christine Saint-Pierre, alors Ministre de la Culture, M. François Macerola (directeur général SODEC)  vient visiter notre atelier.

Après une rencontre de près de trois heures, il nous confirme  son engagement pour nous aider et nous demande de lui envoyer une lettre: enfin une lueur d’espoir.  Et puis … deux élections provinciales, deux changements de gouvernements  rapprochés, nouvelle direction à la SODEC , et au Conseil des Métiers d’Art et le départ de notre dernier apprenti !

Depuis, nos avons à l’automne dernier acheminé notre dossier à notre député Mme Caroline Simard. Elle est venue dernièrement nous visiter et s’est montrée très sensible et réceptive au problème de la transmission des savoirs-faire et au transfert de notre atelier. A suivre…”

 

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“NOUS AIDER A SAUVER CE PATRIMOINE BÂTI ET ENCORE VIVANT, UN ATTRAIT UNIQUE POUR L’ILE D’ORLÉANS ET LA GRANDE RÉGION DE QUÉBEC”

Membre reconnu du conseil des métiers d’art du Québec, Guy Bel a participé à de nombreux salons à Toronto, Québec, Montréal, etc… Et il travaille tout seul dans l’atelier depuis l’automne 2014 et réalise les contrats variés des clients qui  passent à la forge  tout en essayant de produire des pièces pour notre boutique. 

Et Sylvie Lavoie assure l’accueil 7 jours sur 7 durant la saison touristique depuis trois ans avec toujours la même préoccupation : “Nous sommes toujours à la recherche d’un jeune forgeron talentueux, désireux de louer l’atelier et cherchons  céramistes ou autres artisans pour aider à faire vivre les lieux.

Nous avons avisé  Carl Éric Guertin, directeur général du Réseau Économusée, de notre intention de quitter le réseau parce que nous n’avons malheureusement plus l’énergie et les moyens de rester membre. Décision déchirante après 17 années d’appartenance, car nous restons convaincus de l’importance de ce réseau et de la mission qu’il poursuit. Nous lui sommes reconnaissants de tous les efforts faits pour nous soutenir puisqu’il ne répond plus à nos attentes, et que nous n’avons malheureusement plus l’énergie et les moyens de rester membre.

Nous sommes convaincus de l’importance et de l’urgence de nous aider à sauver ce Patrimoine Bâti et encore vivant,  un attrait unique pour l’île d’Orléans, et la grande région de Québec”.

 

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“A LA FORGE, ON FORGE AUSSI DES CHANSONS”

Il y a 40 ans, Guy Bel, originaire de Lyon, choisissait l’Île  d’Orléans comme port d’attache pour réaliser son rêve : “Redécouvrir les techniques traditionnelles de la forge et en vivre”.

Mission accomplie comme le confirme Sylvie Lavoie : “A 80 ans, toujours au marteau et à l’enclume, son plus grand défi est maintenant de conserver et transférer cet atelier exceptionnel qu’il a bâti et les outils centenaires qu’il  a restaurés et avec lesquels il travaille toujours ! Ainsi d’autres porteurs de traditions pourront en profiter et garder vivant le plus vieux métier du monde à l’origine des plus grandes avancées technologiques de l’histoire de l’humanité”.

Et Manon Gagnon, créatrice et directrice de Notre Sentier Production & Gestion événementielle, de préciser : La Forge à Pique-Assaut est un lieu de réalisation, de diffusion et une galerie-boutique. Le travail de plusieurs artistes et artisans professionnels de talent y est mis en valeur : forgeron d’art, vannière, tisserande, céramistes, photographes, verre fusion, artiste-peintre, etc. À la forge, on forge aussi des chansons ! Suivez les activités et événements à venir sous l’égide de Notre Sentier”.

Parmi les nombreuses vidéos de Guy Bel, retenons notamment le superbe entretien sans langue de bois. 14 minutes à cœur ouvert avec un créateur attachant et imaginatif, indépendant et audacieux, sensible à la fameuse relève si indispensable pour que la Forge à Pique-Assaut ne meure pas. Profession Entrepreneur – Guy Bel, La Forge à Pique Assaut

Laissons le mot de la fin au forgeron d’art Guy Bel et Sylvie Lavoie, directrice de la Forge à Pique-Assaut : “Pour terminer et pour bien comprendre notre démarche nous vous invitons à visionner le documentaire de 15 minutes sur Guy Bel et la transmission des savoir-faire  traditionnels :  Le Feu au Cœur  réalisé par Julien Fréchette  et diffusé par Canal Savoir  :  www.ferronnier.ca

TEXTE ALBERT WEBER

PHOTOS MANON GAGNON

Site Internet de la Forge à Pique-Assaut

Page Facebook de la Forge à Pique-Assaut

Site Internet de Notre Sentier 

Page Facebook Notre Sentier   

 Site du Festival Pully-Lavaux à l’Heure du Quebec

Page Facebook du Festival Pully-Lavaux à l’Heure du Québec

 

SAMEDI 14 JUIN 2014

SOIRÉE DE CLÔTURE AVEC REMISE DES TROPHÉES GUY BEL PAR LUC PLAMONDON

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Photos Albert WEBER

 

Auteur-compositeur-interprète féminin: Marcie
Auteur-compositeur-interprète: Benoît Paradis Trio
interprète féminin: Lina Boudreau
Interprète masculin: Claud Michaud
Prix de la révélation: Alexandre Poulin
Prix de la Ville de Pully: Samian
Prix de la Ville de Lutry: Salomé Leclerc
Prix de la Ville de Paudex: Motel 72

 

 

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Photos Albert WEBER

 

DOMINICA MEROLA A PARIS : “L’APPASSIONNATA” QUÉBÉCOISE ENTRE ITALIE ET AFRIQUE

La nouvelle tournée européenne de l’artiste québécoise Dominica Merola débutera à l’Entrepôt, dans le 14ème arrondissement parisien 12 mai 2016 à 21h30, avant plusieurs autres escales en France et Belgique.

Au programme des chansons de son troisième album, “Bohémienne de cœur” offertes en piano-voix.

Mais pas seulement car cette attachante auteure-compositrice-interprète-pianiste née à Montréal, dans une famille artistique, va s’aventurer du côté de l’Afrique.

 

En effet, durant ce spectacle, l’auteur, compositeur, guitariste, danseur et chanteur, Youssouf Karembe la retrouvera sur scène pour interpréter ensemble plusieurs duos rythmés.

En piste pour de nouvelles sonorités festives où Québec et Mali vont se croiser avec, vers la fin du concert, la complicité du percussionniste Amadaou  Daou. De quoi inciter le public à danser et faire la fête, non ?

 

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Dominica Merola et Youssouf Karembe au micro de Jacques Thévenet sur Aligre FM

 

RENCONTRE AU MICRO D’ALIGRE FM

Cette rencontre entre deux artistes d’univers si différents Est née dans un studio de radio grâce à l’animateur Jacques Thévenet.  C’est lui qui les a réunit au micro D’ALIGRE FM, leur tendant ainsi une belle occasion pour se lancer dans une nouvelle expérience.

 Pas évident d’écrire un “texte objectif ” sur une artiste que l’on connait depuis plusieurs années et dont on suit régulièrement – et avec intérêt – l’évolution d’une carrière enracinée dans son Québec natal mais aussi du côté de l’Italie de par ses racines familiales.

A vrai dire, l’objectivité n’existe pas dans le journalisme. L’on essaye d’écrire de manière sincère et authentique, en se mettant dans la peau de celui qui va nous lire, pour l’informer et lui partager nos coups de cœur ou nos coups de gueule. Mais comme tout le monde, le journaliste s’exprime en étant, consciemment ou non, influencé par sa culture, son expérience professionnelle et personnelle.

Alors comment réagir face à Dominica Merola ? Entre un article froid et impersonnel et un texte synonyme teintée de douteuses flagorneries, existe sans doute une troisième voie pour vous parler de cette voix qualifiée dans un précédent article d’ “intense et sensuelle, tour à tour douce et puissante”.

Mon ressenti n’a pas bougé au sujet de cette voix. Je dirai même que cette voix a évolué, qu’elle s’est affirmée avec encore davantage de nuances comme en témoigne avec éclat son nouvel album sorti en 2015 : “Bohémienne de cœur”.

Un album synonyme d’intense qualité, avec 11 titres mixés par Toby Gendron. Son nom ne vous dira sans doute pas grand chose : c’est un homme de l’ombre, de studio, qui a travaillé avec tant d’artistes québécoises. De Céline Dion à Éric Lapointe en passant par Jean-Pierre Ferland, Jean Leloup, Luce Dufault ou Marie-Chantal Toupin et … tant d’autres encore …

 

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Au micro de Jacques Thévenet en direct sur Aligre FM

 

“BOHÉMIENNE DE CŒUR” AVEC SYLVAIN MICHEL, SANDRINE ROY, MARC CHABOT, NELSON MINVILLE,  …

 Pour l’enregistrement des 11 titres de ce nouveau CD, elle s’est entourée d’une poignée de paroliers parmi les plus inspirés de la chanson québécoise : Sandrine Roy, Marc Chabot, Nelson Minville, Mala Barbulescu, etc.

En somme un album original à tous les sens du terme, avec des musiques composées par la chantese Dominica Merola … avec pour quatre titres l’efficace complicité du réalisateur  Sylvain Michel, par ailleurs également guitariste, bassiste, batteur et co-arrangeur avec Dominica de l’opus sorti chez A l’infini.

Le répertoire de Dominica explore avec passion tant de facettes de la vie amoureuse, qu’elle soit synonyme de coup de foudre ou de coup de tonnerre.

Ici, le sentiment amoureux est décliné sous diverses facettes, enrichi par nombre de thèmes qui nous concernent tous inévitablement, entre l’urgence de vivre, le temps qui s’enfuit, l’envie d’être heureux tout simplement.

“Broder du bonheur,  Dessiner un rire
Courir dans la neige, Caresser le temps
Déjouer les heures, S’armer d’un sourire
Éviter les pièges, Toucher le printemps”

Et c’est avec entrain que Dominica Merola “chante les mots, la vie” , titre d’une des chansons (paroles de Marc Chabit) majeures de cet album.

Plus loin elle se glisse avec conviction dans la peau d’une femme-passion dans un sacré tango enrichi d’accents jazzy : “Ciao-ciao, c’est une version moderne et ironique des adieux d’une femme jalouse : “Ne me joue pas les larmes” comme précise Martine Girard (A l’Infini Communication).

 

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Pause-photo durant l’enregistrement de l’album

 

FRANCE, SUISSE, BELGIQUE, ACADIE :  CONVAINCANTE “BOHÉMIENNE DE CŒUR” 

L’expression “Bohémienne de Cœur” colle avec justesse au destin de cette chanteuse québécoise.

Une artiste dont j’ai plus d’une fois – entre Québec, Acadie, France et Belgique – apprécié autant l’aisance scénique et vocale que les réactions du public visiblement conquis par un répertoire entre chanson française et airs classiques. 

Son parcours est suivi de près divers professionnels québécois, dont Jean V. Valiquet, lauréat en juin 2014 de la deuxième édition du prix Christopher-J.Reed.

D’où cette photo de Dominica Merola en compagnie de son éditeur : un des repères majeurs de l’industrie musicale québécoise, fondateur le 10 août 1982 de la maison d’éditions Groupe Éditorial Musinfo Inc. 

 

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Lauréat du 2ème Prix Christopher J. Reed, Jehan V. Valiquet en (très) bonne compagnie avec de gauche à droite Valérie Lahaie, Anne Bisson, Laura Gagné (nouvelle signature), Annie Poulain, Marie-Michèle Desrosiers, Diane « Shamane » Tremblay, Gaële et Dominica Merola (Photo David Laplante)

 

 DU BOZAR de BRUXELLES A L’ENTREPÔT DE PARIS VIA QUÉBEC

Me reviennent notamment en mémoire son inoubliable concert en décembre 2013 au prestigieux Palais des Beaux Arts (Bozar) à Bruxelles, seule au piano face à un public des plus attentifs.

Et aussi la trop courte prestation offerte en février 2016, au Fou-Bar dans la ville de Québec, lors du lancement officiel de Notre Sentier  (production et gestion événementielle) créée par Manon Gagnon.

Alors là se pose l’inévitable interrogation : comment vous donner envie de retrouver, à Paris, Dominica Merola dans son nouveau spectacle “Bohémienne de cœur” ?

A l’Entrepôt, elle mettra en relief un répertoire essentiellement de chansons originales dont elle a composé la musique : D’ici et de là-basCiao, ciao, Bella miaJusqu’au bout, Je reviendrai, etc.

S’y grefferont divers grands airs connus offerts avec “la touche Merola” … dont “Le Petit bonheur” cher à Félix Leclerc, “Une femme avec toi” immortalisé par Nicole Croisille,  “Hallelujah” de l’incontournable Léonard Cohen, et la liste n’est évidemment pas exhaustive.

 

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A retrouver à l’Entrepôt à Paris et ailleurs en France et Belgique

 

“J’AI FAIT DU PASSÉ MON PRÉSENT AVEC L’AV’NIR POUR SEULE ÉTOILE”

Pas étonnant que Dominica Merola soit surnommée au Québec  “L’Appassionata” (la passionnée), titre de son précédent album. Assurément un album-charnière dans sa carrière … mais aussi et surtout dans sa manière d’affirmer haut et fort sa double culture.

Une évidence et une fierté évoquée avec bonheur sur les mots en français de la parolière Sandrine Roy dans “D’ici et de là-bas »: “De la Toscane au Saint-Laurent/ Et de Rome jusqu’à Montréal/ J’ai fait du passé mon présent/Avec l’av’nir pour seule étoile”.

Alors si vous êtes sensible aux artistes fiers de leur double culture, aux créateurs audacieux qui aiment s’aventurer vers des voix/voies nouvelles (comme à l’Entrepôt avec Youssouf Karembe et Amadou Daou), si vous voulez retrouver une ambiance québécoise au coeur de Paris, … vous savez ce qui vous reste à faire.

J’y serai … et vous ?

 

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18 février 2016, avant le lancement de Notre Sentier au Fou-Bar dans le cadre de la Bourse Rideau. Deux heures de chanson francophone avec 7 artistes proposant chacun trois chansons de son choix face à un auditoire des plus attentifs : Jean-François Lambert Perso, Monique Désy Proulx, Micheline Bouzigon, Philippe Noireaut, Myreille Bédard, Claude Vallières, Ginette Paradis et Dominica Merola.

 

“NATURELLE, GÉNÉREUSE ET DÉBORDANTE DE JOIE QU’ELLE SAIT SI BIEN PROPAGER AUTOUR D’ELLE”

Un dernier argument pour vous convaincre ?

Bon, alors laissons le mot de conclusion à une passionnée de chanson française et francophone, Manon Gagnon (Notre Sentier) :

“Entendant des mots élogieux en faveur de l’artiste Dominica Merola, je me suis laissée guider par mon intuition et mon infatigable curiosité.

Après plus de 300 km, j’ai été séduite non seulement par le talent de l’artiste d’une grande authenticité, de passion et de sensibilité mais aussi par la personne naturelle, généreuse et débordante de joie qu’elle sait si bien propager autour d’elle.

J’ai constaté depuis que Dominica et son conjoint n’hésitent pas à soutenir les artistes dans leurs démarches par leurs présences à aux lancements et aux concerts. Un exemple à suivre.

N’hésitez pas, tout comme moi, à faire quelques kilomètres ou stations de métro pour vous offrir une soirée enrichissante d’émotions, de plaisir et d’amitiés en chansons.

Il y a aura même des Québécois qui feront plus de 7000 km pour être présents, ce n’est pas rien !”.

TEXTE ALBERT WEBER

PHOTOS JACQUES VAN DE VOORDE, DAVID LAPLANTE

Site DOMINICA MEROLA  

Site NOTRE SENTIER

Site A L’INFINI

Achats des billets du concert de l’Entrepôt ICI

 

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MORAN-CARBOU : FRATERNELLE COMPLICITÉ QUÉBECOISE A BEAUCOURT

Ce soir-là ils ont bravé l’hiver, le verglas, le froid. Ils ont délaissé le petit écran et la légitime envie de demeurer chez soi, bien au chaud.

Pourquoi diable sont-ils venus à un concert privé mettant en valeur Moran, assurément un des artistes majeurs de la chanson québécoise, et cependant encore un illustre inconnu en France ?

Sans doute parce qu’ils font totalement confiance à Luc et Sylvie Renaud, organisateurs de la 5ème soirée « Chansons en chaussons » accueillie mardi 8 mars 2016 dans la véranda de leur grande maison. Retour sur une soirée québécoise assurément fertile en (belles) surprises.

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Beaucourt sous la neige : ça n’a pas découragé le public du 5ème concert “Chansons en chaussons” …

Cette confiance, elle est d’autant plus légitime que Luc et Sylvie Renaud occupent une place tout à fait à part dans l’histoire artistique et culturelle de Beaucourt. A l’automne 2016 va débuter la 40ème saison de la Maison Pour Tous dirigée par Luc depuis ses débuts !

Installée dans le Foyer Georges Brassens, la Maison pour Tous de la Ville de Beaucourt offre non seulement un vaste choix d’activités d’animations, d’ateliers et de stages à pratiquer : chanson, voix, photo, menuiserie, couture, voyages, théâtre, yoga, etc.

En effet, elle propose aussi une véritable saison culturelle, en organisant des spectacles, des concerts et des expositions tout au long de l’année. Et ce n’est pas tout puisque ce couple d’enseignants désormais retraités s’est aussi lancé dans une autre aventure : organiser des concerts chez eux dans leur vaste véranda !

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Quelques minutes avant le concert, Moran vient de confier sa guitare à une spectatrice visiblement ravie de ce geste

 

5ème “Chansons en chaussons” chez Luc et Sylvie Renaud

Alors quand Luc et Sylvie Renaud ont battu le rappel pour le concert de Moran accompagné par Thomas Carbou, les réponses ne se sont pas fait attendre. Et même si quelques-uns se sont désistés au dernier moment vu la météo peu propice à sortir, le couple aura tout de même réuni une quarantaine de personnes chez eux.  Et AUCUNE d’entre elles n’avait jamais entendu parler de Moran !

Le principe de la soirée, c’est de laisser ses chaussures dans le couloir, de mettre ses chaussons et de s’installer au gré de son envie sous l’accueillante véranda aux nombreuses chaises.

En guise de mot de bienvenue, avant de présenter les deux artistes québécois, Luc Renaud a annoncé la prochaine soirée “Chansons en chaussons” prévue le 22 juin avec Éric Frasiak. Il a aussi évoqué le concert des sœurs Boulay à la Maison pour Tous le 7 octobre.

Vu leur succès lors d’une précédente soirée sous la véranda, les deux artistes de Gaspésie ont retenu l’attention du comité de programmation de la MPT. Un comité des plus sollicités car les lieux proposant des artistes français et francophones de talent mais peu connus du grand public ne sont (hélas) pas légion. Et la sélection est rude quand il s’agit de préparer la programmation de la nouvelle saison : en l’occurrence celle de 2016-2017 qui marquera aussi les 40 ans de présidence de Luc Renaud.

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Chansons du nouvel album “Le silence des chiens”

 Et Moran alors ? Il lui fallu quelques petites minutes… soit une seule chanson pour mettre le public dans sa poche. C’est avec “Charbon”  qu’a débuté ce concert d’une heure et 45 minutes sans interruption. 

Et sans inutile présentation entre chaque chanson, sans baratin racoleur pour séduire le public. Juste des chansons, ici et là quelques mots, histoire d’aérer un peu l’enchainement des titres puisés dans les quatre albums de l’artiste. Et notamment du “Silence des chiens”, disponible seulement à compter du 16 avril au Québec mais .. déjà en vente chez Luc et Sylvie Renaud, à la grande satisfaction de nombre de spectateurs qui l’ont acheté en fin de soirée : un CD de 13 titres conçus et réalisés par Jean-François Moran (guitares acoustiques et électriques, voix) et l’imaginatif créateur de sons et d’ambiances Thomas Carbou (guitares à cordes, acoustiques et életriques, claviers et programmation, percussions et voix).

“Le silence des chiens”, titre phare du nouvel opus, aura été la deuxième chanson de la soirée, juste avant “Caféine”. A vrai dire, il ne faut surtout pas se fier à la liste de chansons déposée par terre, car cette liste n’est pas vraiment respectée ! Et pour cause car le public en chaussons s’est immédiatement rendu compte de la fraternelle complicité entre Moran et Thomas Carbou, décontracté magicien du son, guitariste hors pair et seconde voix. Une voix aérienne, envoutante qui colore avec justesse et douceur les chansons de Moran.

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Thomas Carbou : décontracté magicien du son

Il suffit d’un signe, d’un geste, d’un mot de Moran pour que les deux compères embarquent aussitôt et sans la moindre hésitation pour une nouvelle « toune » comme on dit au Québec.

D’où un univers synonyme de sérénité, de détente, d’intensité aussi dans les paroles d’une poésie à fleur de peau, une lucidité dans le clair-obscur des sentiments mis en relief, entre déchirures et espoirs. Avec un son créé par Thomas qui enrobe avec brio et sans emphase les mots.

Ces mots, Moran les offre avec retenue, d’une voix posée et grave. Il les dit, les chante, les murmure, les chuchote aussi, d’une voix déterminée. D’où un univers singulier qui s’apprécie phrase après phrase, et note après note.

Et quand Thomas s’envole – grâce à l’ordinateur posé à sa gauche – dans une ambiance planante à souhait, le timbre de voix voix de Moran s’impose avec une force tranquille.

Outre ses propres chansons puisées dans les albums précédents et aussi dans le nouveau CD bientôt disponible au Québec, Moran s’est aussi fait plaisir – et a fait plaisir au public – en reprenant deux titres.

D’abord “Osez Joséphine” d’Alain Bashung … Et de raconter en quelques mots qu’il a appris son décès lors d’une tournée en Bretagne avec Thomas Carbou. Autre titre : “Est-ce ainsi que les hommes vivent ?”, le poème de Louis Aragon mis en musique par Léo Ferré.

Léo dont Moran a chanté toute une série de titres lors d’un récent concert organisé par Radio-Canada.

Léo dont Moran demeure un inconditionnel averti… Sans aucun doute à des années-lumière de Thomas Dutronc dont il n’a pas, mais alors pas du tout, apprécié la “reprise” de la chanson immortalisée par Ferré… comme confié avec humour au public de Beaucourt.

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Luc Renaud est l’organisateur du concert privé avec sa femme Sylvie (qui n’aime pas être photographiée)

 Après Geneviève Morissette et avant Eric Frasiak

Après le précédent « Chansons en chaussons » consacré le 10 décembre à un autre talent québécois (Geneviève Morissette), Luc et Sylvie Renaud ne peuvent que se féliciter d’une telle soirée à leur domicile. Une formule des plus efficaces à Beaucourt, mais hélas encore trop balbutiante, au Québec où il n’est pas courant – loin de là ! – à venir au domicile d’inconnus avec ses chaussons pour écouter un artiste tout aussi inconnu !

A l’heure où les soirées sous l’égide de l’association  Chant ‘Appart présidée par Christian Gervais sont synonymes de qualité artistique et d’affluence dans des lieux forts variés, les amoureux de la chanson française au Québec seraient bien avisés d’être un peu plus audacieux en la matière, non ?

Reste une évidence soulignée par Luc Renaud en fin de concert : il a en effet invité les personnes présentes à manifester leur soutien à Moran et Thomas Carbou en demandant à la Maison pour Tous de les programmer sur la grande scène.   

Après le concert terminé en beauté avec “Chez toi”, un des titres du nouvel album, la soirée a permis à Moran et Thomas Carbou de dialoguer avec les spectateurs. De savourer des amuse-gueules, tartes et autres préparations sucrées et salées, de vendre des albums évidemment.

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 Tournée en France et en Suisse : 17 concerts en 19 jours

Notons que ce concert a domicile s’inscrit dans une tournée effectuée en France et en Suisse du 2 au 21 mars, » Soit 17 concerts en 19 jours ! Et vous avez de la chance ce soir, car hier c’était une journée de repos » a lancé avec humour Moran en cours de soirée.

Coup de chapeau aux maîtres d’œuvre de cette tournée mise sur pied par le Suisse Ulrich Schuwey  (PAS MAL BIEN ) et Annie Le Roux via son agence française Bleu Blanc, Lys  née “d’un attachement profond pour le Québec mais également d’un constat : donner les moyens aux artistes québécois francophones de pouvoir venir présenter leurs spectacles outre-Atlantique via un intermédiaire remplissant toutes les conditions techniques et professionnelles ».

Donc mission accomplie pour Luc et Sylvie Renaud : assurément un couple d’infatigables militants de cette fameuse et indispensable chanson française de proximité qui a incité, en février 2016, la Québécoise Manon Gagnon à lancer (enfin) sa propre structure de gestion artistes : Notre Sentier (Production et Gestion Evénementielle, également titre de la première chanson de Félix Leclerc.

Un sentier sur lequel Moran avance pas à pas, sans brûler les étapes, sans esbroufe et avec une superbe mise en valeur de la langue française. Il est également très appréciable qu’il ait conservé toute sa personnalité d’auteur-compositeur-interprète à l’instar de Catherine Major – sa femme et la mère de ses enfants !

Couple dans la vie, les deux artistes s’offrent de belles passerelles en collaborant ici et là, au gré de l’inspiration et des demandes de chacun d’eux.

Moran a signé plusieurs textes du superbe album de Catherine Major, dont “La maison du monde”, le titre-phare. Mais pas question pour eux de se couler dans un même moule, voire de concevoir leur cheminement artistique comme une aventure désormais commune. Une sage décision, pleine de bon sens et de synonymes de cheminements artistiques assumés en parallèle.

De quoi réjouir les amateurs de chansons québécoises qui ont du sens, des textes forts, des mélodies ciselées avec soin et débarrassées de l’obsession du tube consensuel.

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 Texte et photos ALBERT WEBER

Site de Moran ICI

Site du chanteur, guitariste, compositeur et arrangeur  Thomas Carbou ICI

Nouveau site de la Maison pour Tous, de Beaucourt, désormais couramment appelée LA MAISON ICI

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“Le silence des chiens”, nouveau CD de Moran en vente à Beaucourt AVANT le Québec !
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Venus avec leur propre sono, Jean-François Moran et Thomas Carbou ont installé “la scène” dans la véranda, conseillés par Luc et Sylvie Renaud