“COMME SI J’AVAIS DES ELLES” : CLAUD MICHAUD EN FRANCE AVEC PAULINE, LHASA, MICHÈLE, DANIELLE, CLÉMENCE ET LES AUTRES

Au fil des années, doucement et sûrement, sans esbroufe ni baratin, le québécois Claud Michaud s’est forgé en France un auditoire dont la qualité d’écoute n’a d’égal que sa fidélité.

En témoigne sa récente tournée de printemps qui aura conduit l’artiste dans diverses cités régionales ainsi qu’au Forum Léo Ferré à Ivry.

D’où une série de rencontres qui ne sont surtout pas limitées à un enchaînement de concerts enracinés dans son nouvel album “Comme si j’avais des elles”.

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UNE AVENTURE A RENOUVELER A L’AUTOMNE

Alors comment rendre compte de cette formidable expérience tant personnelle qu’artistique alors que je n’ai pas eu la chance d’assister à un de ces concerts ?

Drôle de question sans aucun doute, à laquelle je réponds avec la complicité de l’artiste et de ceux qui ont, d’une manière ou d’une autre contribué à cette aventure qui devrait se renouveler à l’automne entre le 25 octobre et le 15 novembre.

Hé oui, bien des personnes ont œuvré en coulisses pour que cette tournée de printemps soit synonyme de réussite au sens fort du terme.

Je pense notamment à Jacqueline Girodet, responsable de sa tournée française  … à Serge Joseph le président de l’association des Baladins … à Guy Zwinger, animateur de l’émission “Je viens vous voir” sur RCN à Nancy … Norbert Gabriel et son blog “Le doigt dans l’oeil” …  et la liste est loin d’être exhaustive. 

S’y ajoute évidemment  Chantal Bou-Hanna vivement remerciée par le chanteur pour son soutien (et évidemment ses intenses photos) au concert au Forum Léo  Ferré.

Et elle est l’auteure d’un compte-rendu de cette soirée reproduit avec son feu vert et bien sûr ses photos.

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12 CHANSONS A DÉGUSTER SANS SE PRESSER

Conseil d’ami : prenez donc le temps d’écouter et réécouter à votre guise les 12 titres “Comme si j’avais des elles”. Le genre d’album à déguster sans se presser, en appréciant chaque gorgée …euh chaque chanson différente de la précédente.

Un album tout en nuances dont la genèse a été racontée par Claud Michaud au micro de Guy Zwinger. En effet, c’est à Montréal qu’a germé ce projet d’interprétation de “chansons de femmes” … une idée lancée à l’artiste par Rico Pierrard, incontournable pilier du Festival Pully-Lavaux à l’heure du Québec.

Bon voyage dans l’univers féminin de Claud Michaud, visiblement très à l’aise pour célébrer avec sa voix grave et sa naturelle décontraction, des chansons écrites et ou enregistrées par des femmes des deux bords de l’Atlantique, aussi bien de France (Françoise Sagan, Louise Labé, Michèle Bernard, Danielle Messia, Anne Sylvestre) que du Québec (Lhasa de Sela, Pauline Julien, Clémence Desrochers, Mouffe).

Un opus à savourer sans modération … après avoir pris connaissance des textes consacrés à Claud Michaud sur ce site d’infos artistiques et culturelles.

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DE L’ALLIER AU JURA VIA PUY-DE-DÔME, LORRAINE ET ARDÈCHE

Sacrée tournée !

Du 15 mars au 7 avril, elle aura conduit Claud Michaud de “Châtô” en loge, de bistrot culturel en salle des fêtes, de demeure en grange …

Une belle aventure sur les routes du Puy-de-Dôme, de l’Allier, du Jura, d’Ardèche et de Lorraine pour douze concerts et un lancement d’album.  Une tournée avec, tour à tour ou ensemble, deux spectacles : Félix Leclerc, un homme qui chante et son univers.

De quoi (re) découvrir) avec bonheur les chansons, les écrits du Géant de l’Île d’Orléans, avec la tristesse de “Notre sentier” sa première chanson, la colère de l’alouette, la revendication de dignité évoquée par « Les 100 000 façons de tuer un homme », le « Tour de l’Île », le rêve de Bozo au poète philosophant, de l’épopée de la drave au conte de Pieds nus dans l’aube…

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AVEC DES SURPRISES ET DES IMPRÉVUS D’UN SOIR À L’AUTRE

Cette tournée aura aussi été marquée par le présentation du second opus de Claud Michaud, « Poésie sans frontières » : œuvre de troubadour pour, de vers en notes, supprimer les barrières entre poèmes et chansons, des chansons oubliées, des chansons aimées, des chansons perdues, avec les sourires lorsque commencent les premières notes d’un Brassens.

Et aussi la découverte bouleversante de « La vie d’factrie » et de l’exode de 900 000 Québécois vers les usines de coton du nord des États-Unis au début du siècle dernier, le coup de poing d’émotions du Tachan tendresse et révolte où s’entrelacent avec sa première chanson « Dans mon paradis », « …la vie qui me fait signe, …je ne veux pas vieillir, pas mourir… », l’élégance du verbe et la tendresse de l’Ecole de Rochefort, Cadou- Bérimont-Bertin…  

Avec des surprises et des imprévus d’un soir à l’autre : « Un canadien errant », « La complainte du partisan »,  la version française (adaptée en français par Claud) de « Palabras para Julia », la prouesse du « Barbier de Belleville » ou Jean de La Fontaine avec « Le savetier et le financier ».

Autant de chansons portées d’un lieu à l’autre par la voix profonde et toute en nuances de Claud, sa présence chaleureuse, ses interprétations elles aussi toutes en subtilités primesautières, retenues, sobres,  émues, vibrantes, enjouées, douces… et si vivantes.

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Concert à Ludres. Photo Serge Joseph

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“UNE PRESTATION SANS FAILLE, VARIÉE, ET VOLUPTUEUSE”

Une tournée ne va pas sans rencontres qui laissent des étincelles de mémoire : une goguette écrite tout spécialement  pour l’hôte québécois et reprise par tous au Chatô à Châteauneuf-les-Bains en fin de concert.  

À Corgenay,  une vielle , un accordéon diatonique, une guitare accompagnant « Le p’tit bonheur », un bistrot ouvert un jeudi à Ainay alors que tous retournent au travail le lendemain, un article dans le quotidien local à St Julien évoquant « la prestation sans faille, variée, voluptueuse, surprenante parfois dans des langues tierces polonaise ou espagnole »,  l’émerveillement d’une spectatrice découvrant la beauté de « Notre sentier » pendant le concert à Ludres,

… et aussi « La Petite fugue » chantée spontanément  par tous à Novéant  et les « pa-pa-pa » scandés  pertinemment sur  « J’ai rendez-vous avec vous », la goguette- chanson à répondre écrite à Pourchères, le silence demandé par un spectateur à Bourbon pour dire merci de tant de découvertes .

 Autant de lieux ouverts, des textes magnifiques, la beauté et l’ampleur de la voix.

Comme la chanson est belle, comme la tournée fut belle !

Incluse dans cette tournée de printemps, une sortie d’album le 27 mars , sortie précédée la veille par l’invitation  des deux Bernard et Gégé, à l’émission de Radio Libertaire : «Ça urge au bout de la scène » … Souvenir d’une entrevue en profondeur donnant ainsi  du temps pour développer les réponses, pour les préciser, pour aller et venir sur un parcours d’interprète, pour commenter le choix des chansons, pour en chanter quatre en direct et faire entendre des artistes québécois comme Sylvain Lelièvre ou Fred Pellerin.

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 AVEC LA COMPLICITÉ DE LA PIANISTE CLÉLIA BRESSAT-BLUM

Finalement le mardi 27 mars, sortie d’album au Forum Léo Ferré,  un Forum rempli à capacité pour accueillir les chansons de son plus récent CD « Comme si j’avais des Elles » et tous les amis et connaissances invités, venus nombreux comme en écho à la chanson d’ouverture de la soirée   « L’âme à la tendresse » :

 “Cette amitié dans la continuité

Un mot un regard un silence un sourire une lettre

Nicole,  Anne, Christiane, Céline, Christian, Gilles …

Et tous les autres que je ne saurais nommer…”

 Soirée où tout était première, première fois  pour  l’accompagnement au piano par Clélia Bressat-Blum, attentive, inventive, brillante, première en France pour plusieurs de ces chansons-là , uniquement  des textes écrits par des femmes et pour certaines introduites aussi par une écriture féminine.

S’enchaînent alors, l’onirique « Marée haute » de Lhasa de Sela, le sensuel « Baise m’encor » de Louise Labé, la sobre et terrible « Vie d’factrie » de Clémence DesRochers… « Je ne suis pas un sujet à chanson… » le tragique « Maumariée », l’éclatant « Je t’aime » de Michèle Bernard, la nostalgique « Petite cantate », la bouleversante « Main gauche » de Danièle Messia …, et ainsi les douze chansons de l’album.

 Au rappel, « N’écris pas », ni piano, ni guitare, seule la voix puis une chanson de chacun des deux  autres spectacles : « Moi, mes souliers », virtuose en polonais et « Le rêveur » de Jacques Bertin, avant de terminer par un rappel (dans son sens premier),  « L’âme à la tendresse » chanson reprise à l’unisson par tous, comme le point d’orgue et résumé de cette soirée et des concerts à venir.

 

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FORUM LÉO FERRÉ : “UNE SACRÉE BELLE SOIRÉE”

Mis en ligne mercredi 28 mars sur sa page Facebook, voici le texte de Chantal Bou-Hanna sur le concert à Ivry.

C’était hier soir au Forum Léo Ferré.

Des effluves québécoises flottaient dans ce haut et beau lieu de la chanson française, dirigé par Roxane Joseph et Nicolas Joseph aidés par bon nombre de bénévoles. C’est cette scène quasi parisienne que notre ami et artiste québécois Claude Michaud a choisi pour le lancement de son tout nouvel opus “Comme si j’avais des Elles”.

Et pour ce bel évènement, Claude s’est libéré de sa guitare pour donner une autre dimension à ses chansons. Et on a le plaisir de retrouver Clélia Bressat-Blum au clavier de ce beau piano que certains disent avoir appartenu à Léo Ferré.

Ces deux-là on dirait bien qu’ils jouent ensemble depuis longtemps, tellement ils sont en parfait harmonie et jubilation, les miracles de la musique font que le courant est bien passé entre eux, ils se connaissent et bossent ensemble depuis juste une petite semaine !

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Claude Michaud nous confie avec un bonheur non feint que s’il passe la dernière étape de son permis pilote de ligne très prochainement, ce soir au Forum, il vole plus haut qu’il n’a jamais volé.

Et le concert commence, ce ne sont que des voix de femme qui vont emprunter celle de Claud ce soir. Et pas des moindres.

Cet artiste nous interprétera entre autres un texte de Barbara (Une petite cantate), de Louise Labé (Baise m’encor), de Clémence DesRochers (La vie d’factrie), le magnifique texte de Danièle Messia (De la main gauche), un texte que j’aime beaucoup de Marceline Desbordes-Valmore également interprété avec une grande sensibilité par Julos Beaucarne ( Vous aviez mon coeur, Moi, j’avais le vôtre, Un coeur pour un coeur, Bonheur pour bonheur !…), un texte d’Anne Sylvestre, qui est dans la salle ce soir (La maumariée, écrite pour Serge Reggiani, ce dernier la chantera en retirant le premier couplet.

Et j’me demande si ce soir Claude Michaud n’en a pas fait autant…et n’a pas été repris par Dame Sylvestre…) et bien d’autres, je ne peux tous les citer ici. Clélia accompagne Claud au piano et à la voix.

Dès après soixante dix minutes de concert, c’est déjà fini. Claude Michaud dit à juste titre que soixante dix minutes pour des spectateurs qui viennent de loin, ça fait peu. Il nous offrira en guitare voix cette fois, une très belle chanson de Jacques Bertin (Le rêveur), un texte de Félix Leclerc (Moi, mes souliers ) qu’il interprétera le temps de quelques lignes, avec beaucoup d’amusement sur scène et dans le public, en polonais. “Et dans ce moment de prolongations, un de ces petits miracles du spectacle vivant, un sifflement très doux venu de la salle accompagne le chanteur dans un duo spontané, harmonieux et inattendu.. Un vrai moment de grâce …” ( Je cite Norbert Gabriel ).

Hélas la fin arrive, et c’est “L’âme à la tendresse” de Pauline Julien qui va clôturer ce très beau concert.

Ce sera un des moments chargés d’émotion de cette belle soirée, Claude Michaud interprète ce magnifique texte avec une belle sensibilité, c’est la partie féminine de lui qui doit s’exprimer, et cerise sur le gâteau, il entraîne tout le public dans un chœur magnifique, il a décidé que ce soir les larmes ne seraient pas loin…

 

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Parmi le public, ce soir là, quelques artistes ici ou là, dont Anne Sylvestre, Christian Camerlynck (qui va débuter la soirée avec une belle et solide plaidoirie en faveur de ces artistes qui ne sont… que des interprètes !), Christiane Courvoisier, Céline Faucher et…Nicole Croisille…
C’était une sacrée belle soirée.

 Last, but not last, dans ses remerciements, Claud Michaud a salué avec chaleur une photographe qui le suit depuis quelques années, Chantal Bou-Hanna.

Article de Norbert Gabriel sur son son blog “Le doigt dans l’oeil” à lire ICI

Coordination des textes ALBERT WEBER

TOUTES LES PHOTOS DE CES PAGES SONT SIGNÉES CHANTAL BOU-HANNA, créatrice du blog AU DOIGT ET À L’ŒIL à découvrir ICI

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JEAN-BAPTISTE MERSIOL : ENFIN L’ENTRETIEN-VÉRITÉ …

“La théorie du complot”, c’est le titre du nouvel enregistrement de Jean-Baptiste Mersiol décliné en CD avec 20 titres et aussi en 33 Tours avec 12 titres.

Incontestablement une étape déterminante dans le parcours des plus créatifs pour cet auteur-compositeur-interprète de 37 ans connu pour la diversité de ses (si) nombreuses initiatives musicales. Et aussi pour son franc-parler.

D’où cet entretien-vérité à découvrir en prenant tout votre temps avec ce texte aussi long que dense. Assurément le fidèle reflet d’une parole libérée et pleine de bon sens. Inclassable, inattendu, prolifique, sincère et attachant. C’est ainsi que j’aime définir ce créateur (trop) souvent incompris.

Pas étonnant donc que ses réflexions s’affirment plus d’une fois à fleur de peau: leur authenticité s’enracine dans la vraie. Et pas seulement dans son parcours artistique.

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Première question pour débuter cet échange à bâtons rompus. Comment définir ce nouvel album ?

 « La théorie du complot » est un album un peu à part. Je me suis rendu compte qu’à 37 ans, cela faisait déjà 25 ans que je trainais ma bosse dans le milieu de la musique. Et je voulais faire quelque chose qui me tenait à cœur.

 En fait en 1997, j’avais imaginé un album avec des chansons, un style, mais je n’avais aucun moyen. Les jeunes d’aujourd’hui ont infiniment plus de moyens que j’en avais à leur âge.

Pour quelques euros ils peuvent se payer un bon micro et une carte son avec tous les effets souhaités.

 Malgré cette absence de moyens, vous avez tout de même foncé ?

 À l’époque j’ai emprunté des milliers de francs pour me payer un enregistreur 4 pistes à cassette, il n’avait même pas de reverbe, c’est dire. Si je voulais en avoir un minimum il fallait que j’aille dans le grand couloir de ma tante ou dans les toilettes.

 Parfois j’allais le dimanche dans le hangar de la distillerie de mes parents. Je me souviens avoir posé une caisse claire dans la cuvette des toilettes pour faire une démo un jour.

 Par la suite, Thibault mon guitariste m’a envoyé une vieille photo de Paul Mc McCartney qui avait fait la même chose chez lui pour son album solo de 1970.

 Ça m’a vraiment fait plaisir de voir que j’ai encore pu avoir les contraintes de l’époque, j’ai beaucoup appris : « Mon souhait était de faire de l’art, pas de devenir une star ». 

 “Faire de l’art” d’accord, mais en même temps travailler en équipe ?

“La théorie du complot” est exactement l’exemple de ce à quoi j’ai toujours aspiré : des chansons acoustiques et folk comme je les aime avec ce violon si cher à mes yeux, une équipe de musiciens cool qui se retrouvent sur un même projet, une pochette avec un thème.

Ici en l’occurrence on s’est mis à poser dans un château pour faire ressurgir nos vieux fantômes.

 De plus je sors ce disque en CD mais aussi en Vinyle 33 tours, donc je ne pouvais pas rêver mieux.

 Winston Churchill disait que le problème du monde actuel c’est que les gens ne veulent pas devenir utile, mais important. Je le vois bien quand je réalise des disques notamment pour les jeunes.

 Ce sont souvent des égos sur pattes, mais le pire c’est qu’ils sont coupables mais pas responsables… Et je crois que les réseaux sociaux ne leur font pas du bien. En gros pour résumer, les jeunes veulent passer à la télé, être des stars, mais ils oublient qu’avant il faut passer par le travail.

Une nouvelle génération d’artistes “coupables mais pas responsables” ? Et vous alors ? Vous vous définissez comment ?

 J’ai un caractère absolument épouvantable, il m’arrive de ne m’emporter pour trois fois rien. Du coup certaines personnes m’ont taxé d’égo surdimensionné ou d’arrogance maladive mais je pense qu’ils se trompent, ça n’a rien à voir.

J’essaie toujours de pousser les gens à donner le meilleur d’eux-mêmes, le maximum, et parfois il faut les brusquer un peu, et le résultat est juste bluffant.

Combien de fois j’ai été sidéré de voir autant de talent face à moi. Je ne pense pas avoir d’égo particulier pour la simple raison que ce qui me plait le plus dans ce métier, c’est justement d’être dans l’ombre des autres artistes.

 Je veux dire par là que j’aime être derrière un autre artiste pour composer et réaliser un disque qui sera, je l’espère, à la hauteur de son talent.

 Mettre en valeur le talent d’un autre artiste d’accord, mais pour quel public ?

C’est super de pouvoir faire évoluer un univers personnel dans un monde où la société est en crise d’identité et ça paye toujours à long terme.

Il faudrait lâcher cette politique des covers chantés sur des fichiers midi et privilégier les compositions personnelles, ça prendrait plus de temps et de travail mais il faut s’adresser à un public exigeant de soi pour apporter quelque chose de nouveau. Ce n’est pas un jugement mais une idée tout simplement.

Il m’est arrivé d’avoir de belles surprises dans mes collaborations comme d’avoir parfois eu l’impression de donner de la confiture aux cochons. Voilà encore quelque chose qui va me faire passer pour un connard arrogant mais bon…

Un artiste qui chante sur scène avec un pupitre c’est juste intolérable. Je trouve que ça montre la désinvolture la plus complète du genre “bon voilà, ça m’emmerde d’apprendre les paroles je te fais mon truc à la va te faire foutre”. 

Un évident manque de respect pour le public …

Je ne dis pas, dans les bals ça passe, les gens dansent, le groupe ne fait que des reprises, on les regarde peu car c’est de l’animation. Mais quand on prétend être un artiste de compositions et qu’on fait un concert, c’est inexcusable de se pointer avec ce machin planté sur la scène.

À la limite si on manque de mémoire, un petit pense bête papier posé discrètement sur scène, est plus discret et ça ne fait de mal à personne. Et puis c’est touchant de voir un artiste oublier les paroles au milieu d’une chanson, ça créé une complicité avec le public. J’adore écouter les concerts d’Edith Piaf ou Léo Ferré où ils se trompent dans les paroles, ça créé toujours de grands moments.

 Et votre point de vue sur le milieu artistique ?

Ce que je déplore aujourd’hui c’est la manière dont les artistes se comportent entre eux. Ils sont très hypocrites l’un envers l’autre.

 Je ne suis pas en train de faire la morale, je n’ai pas de leçons à donner, je dois confesser que j’ai été comme ça par le passé mais à force de voir et vivre ce genre de choses j’ai fini par prendre mes distances. Je pense m’être fait pas mal d’ennemis parce que je disais trop facilement à ces gens ce que je pensais réellement.

Visiblement ils préfèrent les faux compliments des hypocrites que ma franchise.

Donc vous acceptez la franchise de la part de ceux qui travaillent avec vous ?

 Pour ma part ça ne me pose pas problème d’être entouré de gens qui ne me font pas des compliments et qui me disent réellement ce qui ne va pas, ça me permet d’avancer.

C’est une question de choix, c’est parfois plus embarrassant mais au moins je ne fuis pas les problèmes, je tente de les affronter et de d’avancer.

Thibault, mon guitariste est très brutal dans sa manière de dire les choses mais c’est très souvent justifié, alors ou est le problème ? Ce n’est pas mortel de reconnaître qu’on a pu faire de la merde à un moment donné ou que l’on s’est comporté comme un connard.

Quand on s’exprime ainsi aussi spontanément, ça suscite toutes sortes de réactions, non ?

Je m’étais parfois insurgé contre la médiocrité de certains artistes, et cela publiquement, ce qui était absolument le truc à ne pas faire mais je ne suis pas du genre manipulateur. Alors j’avais tendance à dire ce que je pensais ouvertement.

On m’avait rétorqué que j’étais jaloux. En fait c’est la vérité, j’étais jaloux, comment voulez-vous ne pas être jaloux de quelqu’un qui réussit en faisant n’importe quoi pendant que vous voyez d’autres artistes bourrés de talent qui ne connaissent pas la moindre considération ?

Oui j’étais jaloux de cette injustice qui a toujours été de mise dans le métier. Il faut être un hypocrite fini pour prétendre le contraire.

Et votre regard sur les émissions de télé qui mettent en valeur des inconnus jugés par des artistes reconnus ?

“The Voice”, je ne regarde jamais. Sincèrement, 15 minutes de ce truc et c’est la dépression pour moi.  Déjà parce que le drame actuel c’est qu’on recherche des voix et non pas des créateurs. Tout le monde qui a un peu de voix peut façonner et formater sa voix en fonction de ce que l’on demande.

Bon après je devrais regarder la poutre qu’il y a dans mon œil avant de condamner la paille dans celui de mon voisin ! J’ai aussi participé à l’époque à des émissions de télévisions avec leurs tremplins qui étaient l’équivalent de « The Voice » comme « Les marches de la gloire » ou « Club Dorothée ».

Et j’ai regardé Leho lorsqu’elle est passée sur TF1, je l’ai trouvé super géniale. Je suis très heureux de travailler avec elle, mais je sais qu’elle est bien plus qu’une simple interprète, elle a beaucoup de talent.

Bon pour résumer disons qu’il est dommage qu’on ne laisse pas les jeunes montrer qu’ils sont des créateurs, je pense que ça intéresserait davantage le public.

Avoir une voix n’est pas nécessairement synonyme de talent, de création, d’innovation.  D’où l’importance de proposer du contenu, de la création, non ?

 Oui, car avoir des bons auteurs et des bons compositeurs, ce n’est pas aussi simple.

 C’est dommage que les gens choisissent la facilité des artifices. Nietzsche s’était d’ailleurs insurgé contre Wagner à propos de ses arrangements d’orchestre donc le problème ne date visiblement pas d’hier.

Ensuite ce qui me désole, c’est cet esprit de compétition ! Je préfère laisser ça aux sportifs. Quand j’étais gamin je pensais que les musiciens jouaient ensemble, dans l’esprit de faire la musique l’un avec l’autre et non pas l’un contre l’autre.

 À l’âge de dix ans je faisais de la guitare et du football et j’ai dû choisir entre les deux car mon emploi du temps devenait serré. J’ai choisi la guitare et mes amis m’en ont un peu voulu, il paraît que j’étais plutôt un bon footballer. 

Mais j’avais beaucoup de mal avec cet esprit d’affronter une équipe en face, je ne voulais pas gagner ma vie en brisant les rêves des autres, alors les concours de chants, vous imaginez bien ce que cela suscite en moi, je trouve ça franchement glauque.

C’est comme si tant de jeunes étaient plus attirés par la célébrité que la création artistique ?

Ces jeunes qui claquent 8000 balles en un an pour apprendre la musique rock ou de variété dans des écoles d’où l’on ne sort avec aucun diplôme sont complètement à côté de la plaque.

Ils font les choses à l’envers, déjà parce que ce genre de truc ça ne s’apprend pas. La raison pour laquelle rien n’est durable aujourd’hui c’est que les jeunes veulent devenir des stars et non pas des musiciens.

Seuls ceux qui ont une vraie fibre artistique sont voués à perdurer et ce n’est pour une fois que justice.

Avoir la fibre artistique c’est indispensable évidemment. Mais encore faut-il avoir l’occasion de monter sur scène, de découvrir un public qui a envie de vous connaître, non ?

 Je fais très peu de dates, déjà parce que je ne suis pas une star (rire) Mais surtout parce qu’aucune salle ne peut nous accueillir en payant un prix décent pour moi et mes musiciens.  On est sept, vous m’imaginez leur dire de venir pour rien ?

Il était question de faire quelques dates à Metz, Nantes et même à Florence en Italie. Mais pour une raison indépendante de ma volonté cela ne se fera pas, en tout cas pas dans l’immédiat. Mais je pense que ça se fera finalement un jour ou l’autre.

J’aimerais beaucoup retourner au Québec, la tournée en 2008 avec Sarah Eddy était absolument géniale, c’est un public tellement chaleureux.

Mais c’est difficile de mettre ce genre de projet en place mais je ne perds pas espoir. En tout cas ça me fait plaisir de savoir que mes disques sont écoutés là-bas et en Italie, donc c’est assez légitime que je veuille y jouer.

Rien à voir avec ce que peuvent vivre les musiciens de bar …

On est saturé dans les bars de groupes qui se contente de jouer parfois même gratis. Je pense que ce n’est pas convenable.

Honnêtement je préfère rester chez moi en dessous de certaines conditions, ce n’est pas pour faire les divas, c’est juste qu’à un moment donné il faudrait que les musiciens exigent qu’on les respecte.

Les bars qui font des annonces en disant aux musiciens qu’ils peuvent jouer gratuitement en échange de faire leur promotion, devraient savoir que ça m’intéresse aussi vivement de faire une grosse soirée avec mes amis … et qu’ils peuvent venir servir à boire à volonté gratuitement en échange de faire leur promotion.

C’est amusant, aucun patron de bar n’acceptera une telle aberration mais un musicien accepte de telles conditions, c’est scandaleux.

 Le danger c’est d’avoir envie de jouer à tout prix … ou plutôt pour aucun prix. Voire gratuitement, non ?

La mentalité de la gratuité de la musique acquise, c’est vraiment un truc que je trouve honteux.

Peut-être que si mon boulanger m’offre son pain, que si les artisans voulaient bien me donner leur service en échange de rien, je consentirais à leur offrir ma musique. Léo Ferré disait que l’art n’est pas un bureau d’anthropométrie.

J’avoue que je suis un peu bourgeois dans ma façon de concevoir la musique.

Un peu bourgeois ? Pourquoi ?

J’aime les concerts et manifestations décalés, ou prestigieux, comme jouer dans un château, une librairie réputée ou un casino.

Mais je suis pour que tout le monde y ait accès, je veux dire un prix d’entrée raisonnable. 

J’ai déjà eu 18 ans et j’ai déjà joué dans des salles de concerts dégueulasses mal sonorisées et qui vivent de subventions, j’ai donc fait le tour de la question.

 C’est aussi une question de mise en scène d’une certaine réalité qui ne correspond pas à ce que vit vraiment l’artiste, non ?

J’ai un problème avec ces gens qui font semblant d’être positifs et qui jugent les gens comme moi qui se permettent d’être négatifs quand les choses ne vont pas dans le bon sens.

On le voit bien sur les réseaux sociaux et ça sent la manipulation à plein nez. En fait c’est une technique de manipulation de masse qui est très connue.

Je ne suis pas persuadé qu’on va très loin en mentant sur la réalité et en s’entourant de gens comme ça. Il faut se méfier, car tôt ou tard ça vous rattrape. Un beau jour les masques finissent par tomber.

 Pourquoi proposer « La théorie du complot » en CD et aussi en version vinyle avec un 33 Tours ? On est bien loin du téléchargement actuel !

 Je suis très heureux du retour du vinyle et c’est pour cela que nous avons édité le nouvel album dans ce format.

Déjà l’objet est beau, et j’ai toujours été favorable à savoir qui a fait quoi dans un album, ce qui en général est inscrit sur la pochette.

Le drame actuel des téléchargements c’est que tout est dématérialisé, alors les gens surconsomment la musique. En réalité ils ne prêtent plus attention à ce qu’ils entendent. C’est un mépris total de la musique. Vous liriez un livre en marchant vous ?

 C’est dans ce sens que j’ai dit un jour qu’hélas, la musique, ce n’est pas fait pour tout le monde.  Qu’est-ce que je n’ai pas encore dit ce jour là ?

 Je persiste et je signe en disant que de nombreuses personnes ne savent même pas ce que c’est que la musique.

 Alors c’est quoi la musique selon vous ?

À la base c’est un art exigeant, et on en a fait une espèce de machin pour combler le vide des gens qui ne supportent pas la solitude.

L’avantage du vinyle, c’est que vous allez l’écouter sur un système d’écoute de qualité, en voyageant dans votre canapé, et pourquoi pas les yeux fermés.

Mercredi 14 mars, durant son entretien animé par Augustin Trappenard sur France-Inter, Maxime Leforestier comparait le téléchargement mp3 à de la malbouffe. Ça vous interpelle ?

Exactement. Les gens qui écoutent des MP3 me font de la peine. Ça me fait de la peine, parce que manger dans un fastfood merdique c’est pas toujours un choix, parce que c’est moins cher qu’un restaurant trois étoiles.

Mais télécharger un MP3 ou choper un abonnement dématérialisé où de toute façon vous allez écouter 10 albums à l’année ça coûte aussi cher que de se procurer des vinyles.

Alors cultiver le culte de la médiocrité, oui ça m’emmerde un peu.

 La musique, la chanson c’est aussi, ou plutôt ça devrait aussi être synonyme de rencontres : un contrepoids face à cette inquiétante et omniprésente dématérialisation…

 Rien de tel que le contact direct ! En l’espace de 10 ans, j’ai travaillé avec presque mille personnes au sein de JBM Studio, soit en tant qu’auteur compositeur, arrangeur ou encore musicien et ingénieur du son.

 Je suis heureux d’avoir rencontré autant de personnes qui ont des talents incroyables, mais ça m’attriste un peu plus d’en voir peu sous les projecteurs.

 J’ai beaucoup aimé travailler sur le disque de Delphine Wespiser (Miss France 2012), et réaliser les disques de Sarah Eddy a toujours été un gros travail mais d’un épanouissement total.

Son prochain album va en surprendre plus d’un, c’est à mes yeux ma plus belle réalisation. J’aime beaucoup les disques pour enfant que nous avons fait chez EPM et Universal.

 Donc pas de regret dans toutes les expériences et collaborations artistiques depuis que vous mis un pied dans ce milieu ?

 Je crois que je ne regrette aucune de mes collaborations que ce soit Blackbird, Sophy-Ann Pudwell, Sébastien Minot, Christian Daniel et tant d’autres. J’ai bossé avec des poètes comme Jean-Marie Koltès et Philippe Charrier qui sont des maîtres, mais aussi avec des jeunes qui ne savaient pas qu’ils avaient un talent d’écriture fou.

J’adore ce travail de conservation du patrimoine qu’il m’est permis de réaliser chez la prestigieuse maison de disque «Frémeaux & Associés ».

C’est pour moi un immense privilège que de travailler avec leur équipe que je trouve très rigoureuse et sérieuse. 

 Et qu’en est-il du personnage de Mr Bretzel alors ?

 Je n’en parle jamais en tant que « JB Mersiol » mais le projet humoristique « Mr Bretzel » a été un accident.

 C’est en travaillant comme prestataire pour un orchestre folklorique alsacien, qu’un producteur indépendant de la région est venu me proposer de faire un CD avec des pastiches sur l’Alsace.

 Je n’y croyais pas et je me souviens lui avoir dit « D’accord, c’est rigolo, on va le faire avec mes musiciens, mais tu vas en vendre 28 ! ».

Pour une raison que je n’explique pas ça a marché comme tout le monde dans cette région le sait. Il n’était donc pas prévu que je fasse cela pendant 10 ans.

Avec au bout du compte le danger qu’on ne fasse plus la distinction entre l’auteur-compositeur-interprète et ce personnage …

Et ce qui m’a gêné c’est que certaines personnes, mélangent Mr Bretzel et JB Mersiol !

Pour moi c’était deux choses complètement distinctes, comme si c’était deux artistes différents.

Forcément, avec JB Mersiol, je travaillais avec des auteurs exigeant alors qu’avec Mr Bretzel on faisait semblant de se tromper dans les solos, on balançait des rots, des injures et on faisait en sorte que ça sonne le plus amateur possible.

Enfin la plupart des gens ont quand même compris que c’était deux trucs différents et d’ailleurs les publics ne sont en général pas les mêmes. Enfin je ferai le concert d’adieu de Mr Bretzel fin d’année car toutes les bonnes choses doivent avoir une fin. Il y aura un livre aussi.

 A passer ainsi en revue autant d’expériences musicales dans des registres aussi variés,  je me demande si ce n’est pas seul en train de créer dans votre studio d’enregistrement que vous êtes le plus … heureux, non ?

Je me lève le matin avec beaucoup d’énergies, des projets. Mon entourage a parfois du mal à suivre mais il faut aussi comprendre que je ne fais pas partie du monde de la scène.

Si je me produis peu c’est parce que je me considère comme un artisan du monde de l’édition musicale. Oui, j’aime le travail en studio, car tout est possible, et travailler le son d’une batterie, faire des expérimentations, m’amuse davantage que d’être sur les routes.

Le studio d’enregistrement c’est ma façon de voir la musique. Je sais que les artistes et les organisateurs de spectacles méprisent en général le disque et privilégient le spectacle vivant mais ils oublient un point  essentiel : faire un disque c’est laisser quelque chose de soi dans un temps précis. C’est aussi créer son monde parallèle. J’aime bien l’idée.

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ILLUSTRATIONS Sarah Eddy /au coin des yeux photographie

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FESTIVAL L’ACCORDÉON PLEIN POT ! : CAP SUR LA FRANCOPHONIE D’AMÉRIQUE DU NORD !

Pas de doute, dès ce samedi 24 mars il devrait y avoir de l’ambiance du côté de Saint-Quentin-la-Poterie !

Le Festival L’Accordéon Plein Pot ! n’aura pas encore débuté “pour de vrai” mais un savoureux avant-goût sera proposé ce jour-là entre conférence musicale et concert.

Coup de projecteur sur une 12ème édition enracinée avec bonheur dans une talentueuse francophonie du 8 au 13 mai dans ce village du Gard.

Soyons francs. C’est un passionné de musiques et chansons francophones d’Amérique du Nord, Patrick Plouchart qui m’a informé de ce festival. Sans lui je serai sans aucun doute passé à côté de ce feu d’artifice de talents francophones.

L’ancienne signature de Trad Magazine – revue hélas disparue en juillet 2017 sans même prévenir ses fidèles  abonnés dont j’étais … – m’a en effet parlé avec enthousiasme de cette manifestation à multiples facettes. 

Évidemment, il y a des concerts mais pas seulement … comme vous le détaille avec force précisions le programme à découvrir ICI .

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Et avant même que le festival ne débute “officiellement”, la journée du samedi 24 mars mérite d’être évoquée pour deux rendez-vous :

d’abord une  CONFÉRENCE MUSICALE animée par Roger Morand , accordéoniste reconnu comme un des meilleurs spécialistes européens des genres cajun/zydéco, et Jean-Marie Ferrat et Guy Vasseur ...

et le soir un CONCERT sauce Rock & Country avec Sarah Savoy, “the Princess of Cajun” , Issue d’une famille de musiciens légendaires de Louisiane. Chanteuse, accordéoniste, guitariste, cette artiste multi-instrumentiste. Elle se distingue du registre traditionnel cajun de ses aînés, avec une touche épicée de rock’n’roll un peu coquin.

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“UN CONTINENT QUI S’OUVRE A VOUS”

Cet avant-goût des plus prometteurs devrait vous donner envie d’en savoir plus sur cet événement marqué par plusieurs stages de musiques présenté en ces termes, au nom de L’Office Culturel, par sa présidente, Sylvie Carre :

“Cette année l’APP !, c’est l’Amérique !”. Pas un pays de replis, d’écrans et de murs. Notre Amérique – en doutez-vous, chers amis, qui êtes attentifs depuis 12 ans aux plis si variés de notre accordéon? – est une contrée festive, légère, colorée et gourmande, un continent d’échange et de générosité. les musiques cajun, zydéco, jazz New-Orleans, rock, blues, folk, trad québécois… Ici se parlent, s’influencent en douceur, discutent fraternellement et portent aux nues l’envie de se connaître mieux. Un continent qui s’ouvre à vous….

 

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Les Tireux d’Roches en Alsace au Printemps des Bretelles, Festival des accordéons du monde (Photo Albert Weber)

 

Pas de doute, pour découvrir “ce continent qui s’ouvre à vous”, le public bénéficiera de guides hors-pair.

J’en apprécie certains depuis des années pour les suivre dans leur parcours artistique tel l’auteur-compositeur-interprète québécois Steve Normandin surnommé à juste titre “L’accordéoniste voyageur” (photo ci-dessus) … les groupes Les Tireux d’Roches  et  Cajun Morand Band présentés sur mon site pour la sortie des albums Marcher Plancher” et aussi Une limonade ?”  !

Quelques noms d’artistes et de groupes parmi bien d’autres à découvrir ICI et aussi sur scène à Saint-Quentin-la-Poterie dans le Gard !

Page Facebook de L’Office Culturel

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STRASBOURG : MALOYA RÉUNIONNAIS A VOLONTÉ AVEC DANYEL WARO

Un concert de Danyel Waro à 10 minutes à pied de chez moi ! Quelle chance !

Franchement, ne pas y aller aura été une faute professionnelle pour un passionné de rythmes de l’océan Indien.

Pire un manque de bon sens pour un amoureux des Mascareignes.

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Ça va commencer dans un p’tit moment …

 

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Deux heures de maloya non-stop en créole réunionnais au Centre socio-culturel du Fossé des Treize, un public enthousiaste qui chante et danse, et ne veut pas quitter la salle … et puis une longue séance de dédicaces d’affiches et de CD et nombre de selfies aussi, ce mercredi 14 mars au Centre socio-culturel du Fossé des Treize à Strasbourg.

Et toujours le même accueil chaleureux, fraternel de Danyel dans la loge partagée avec ses musiciens Gilles Lauret, Mika Talpot, Stéphane Gaze, Jean-Didier Hoareau et David Doris

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Danyel Waro et Firmin Viry : une des 6 pages de l’entretien signé Fred Hidalgo pour Chorus / juin 2001

 

INSCRIPTION AU PATRIMOINE MONDIAL DE L’UNESCO

Jusqu’à l’arrivée de la Gauche au pouvoir en 1981, le maloya était rejeté, méprisé, ignoré, combattu autant par les autorités que les gens bien-pensants à la Réunion. Et plus d’un kabar réunionnais – soirée privée se déroulant souvent jusqu’au cœur de la nuit – a été stoppée par l’arrivée des gendarmes. Au milieu des années 70, sans le soutien du Parti communiste réunionnais, pas évident que les 33 tours de Firmin Viry aient pu être enregistrés.

Danse traditionnelle enracinée dans l’Histoire intime de la Réunion, chant d’espoir et de révolte en mémoire des ancêtres arrivés à la Réunion au temps de l’esclavage , le maloya est une très importante composante de l’Histoire artistique, culturelle, sociale de cette île de l’océan Indien.

Et depuis le 1er octobre 2009, le maloya est classé au patrimoine mondial de l’UNESCO grâce à un dossier présenté par la Maison des Civilisations et de l’Unité Réunionnaise avec l’aide du PRMA (Pôle régional des musiques actuelles) et, évidemment, le soutien de nombreux artistes.

La Région Réunion avait en effet proposé l’inscription du Maloya au patrimoine culturel immatériel de l’humanité : une inscription synonyme d’immense reconnaissance pour tous les créateurs ainsi que pour toutes celles et ceux qui ont œuvré à sa sauvegarde et à sa transmission.

 

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Juin 2001, Chorus n° 36 : Danyel Waro à cœur ouvert

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EN MÉMOIRE DE JEAN THÉFAINE ET DE CHORUS

Et tout au long du concert suivi avec enthousiasme par l’artiste d’Alsace Yérri Gaspar, (http://exhibitronic.eu/) … j’ai été emporté par un flot incessant de souvenirs entre rencontres, spectacles, événements et retrouvailles avec Danyel durant ma dizaine d’années de journalisme à l’ile de la Réunion …

Des souvenirs également enracinés dans tant de discussions durant les réunions de rédaction du trimestriel Chorus animées par Fred Hidalgo venu plusieurs fois à la Réunion en vue de dossiers où Danyel Waro aura toujours été mis en relief …

… dans les célèbres chroniques “Soleil Noir” de l’ami Jean Théfaine , un des piliers de Chorus disparu trop vite et emporté par le cancer comme l’ami Marc Robine …

… et aussi dans le formidable concert de Danyel en mars 2017 au Train-Théâtre à Portes-lès-Valence savouré avec Patrick Plouchart, collaborateur de la revue Trad Magazine qui n’avait alors pas encore cessé de paraître …

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Mars 2017, après le concert au Train-Théâtre avec Danyel Waro et Patrick Plouchart

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PERCUTANTE DÉCONTRACTION

Pour tous ces souvenirs, et surtout pour ta percutante décontraction à célébrer le maloya, à rappeler le souvenir des Frères Adecalom (un de mes titres préférés comme je te l’ai dit ai dit après le spectacle)… oui pour tout cela et bien d’autres choses merci Danyel.

“Le maloya devrait être remboursé par la Sécu !” : c’est la boutade lancée après le concert à Philippe Conrath.

Oui l’incontournable Philippe : l’ami, le gérant, le chauffeur, le vendeur de CD de Danyel qu’il avait fait tant soutenu dans ses articles dans Libé et aussi dans son festival Africolor !

Et bravo au Festival Jazzdor d’avoir programmé Danyel, figure MAJEURE de la vie artistique et culturelle de la Réunion. Un artiste aussi authentique qu’engagé, et plus jamais FIER de parler, chanter et célébrer sa langue maternelle – le créole – et ÉVIDEMMENT son ile natale.

Oui BRAVO au Festival Jazzdor bien que le maloya c’est pas du jazz !

Et cette manière de mettre en valeur des genres musicaux différents dans le même festival me convient parfaitement.

 

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Dessin de Jacques Poustis dans Chorus : une des illustrations de l’entretien de Danyel Waro paru en juin 2001

 

TEXTE ET PHOTOS ALBERT WEBER

Merci à FRED HIDAGO (CHORUS) et PATRICK PLOUCHART (TRAD MAGAZINE) pour la publication des photos de ces revues.

 

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14 mars 2018 : retrouvailles après le concert de Strasbourg

 

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Mars 2017, Train-Théâtre de Portes-les-Valence. Retrouvailles avec Danyel Waro et Philippe Conrath

 

CONCOURS D’STIMME : 3 JOURS D’ENREGISTREMENT POUR L’ALBUM DE GAËL SIEFFERT

Lauréat du 1er concours D’ Stimme en 2017, Gaël Sieffert vient de passer trois jours dans les studios de France Bleu Alsace pour enregistrer 5 titres de l’album prévu dans le cadre de cet événement.

 

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 Sur ce CD on trouver évidemment “Atmosphère”, le titre lui ayant permis de l’emporter en juin dernier devant 9 autres candidats à la salle des Tanzmatten à Sélestat. Voir ARTICLE ICI. 
 
Et on y découvrira donc les chansons enregistrées dans l’un des studios de la rue Massol à Strasbourg du vendredi 9 au dimanche 11 mars : “E Weijh”, “Heile”, “E Leed”, “Hin un Här” et Schaal”.
 
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Les musiques des chansons sont toutes de Gaël Sieffert et les textes du chanteur-comédien Christophe Voltz, également coach pour la prononciation en alsacien durant ces heures de studio. 
 
Seule exception musicale pour le titre “Heile” dont les compositeurs sont Gaël Sieffert et Jean-François Pastor, également guitariste aux côtés de Gaël Sieffert dans cette aventure menée à bien avec Jean-François Untrau (basse) et Sébastien Kanmacher (batterie).
 
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Gaël Sieffert et Christophe Voltz
 
L’album sortira sous l’appellation VOSTOK PROJECT , le projet né de la complicité entre Gaël Sieffert et Christophe Voltz.
 
Par ailleurs, les deux compères se produisent également dans “ICH BEKUM A AFF”, savoureux spectacle enraciné dans la richesse de la langue alsacienne, entre monologues et chansons.
 
Ils se transforment alors en efficaces cousins de Raymond Devos et Pierre Desproges.  A LIRE ICI.
 
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Christophe Voltz, Gaël Sieffert, Pierre Schott et Jean-François Untrau
 
L’enregistrement de ces chansons a été marquée par l’amical passage de deux chanteurs d’Alsace : Olivier Musica et Pierre Schott , l’ancien membre du duo Raft  venu en voisin puisqu’il est technicien à France Bleu.
 
Et – bonne nouvelle – tous les deux sont sur le point de sortir chacun leur nouvel album.
 
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Christophe Voltz et Olivier Musica
 
Rappelons que le concours D’Stimme est organisé par l’ OLCA (Office pour la Langue et les Cultures d’Alsace et de Moselle) et France Bleu Elsass.
 
Dans quelques jour seront ENFIN rendus visibles  sur le site de France Bleu Alsace les clips des 11 candidats en lice pour la 2ème édition : Cadillac Lilou (Aurélie Diemer) ; Katia Criqui ; Julien Hachemi (Julien Hmi) ; Mister Lucky (Luc Lemenu) ; Patrick Osowieki ; Paddy K. (Patrick Kawski) ; Serge Rieger ; Arnaud Rosfelder (Arnaud Schnee) ; Stichling (Joseph Spinali Wermelinger) ; Gilbert Troendlé et Christophe Voltz.
 
Il sera alors grand temps de voter pour eux !
 
 
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TEXTE ET PHOTOS ALBERT WEBER
 

YVES VESSIÈRE : UN HOMME QUI CHANTE ET QUI GAGNE A ÊTRE CONNU

 Ça fait du bien de parler d’un artiste si peu mis en valeur dans les “grands médias”. Je conserve d’Yves Vessière le souvenir d’un intense concert au Festival Bernard Dimey, voici quelques années.

Henry Tilly, sensible aux talents aussi authentiques qu’ignorés du grand public, a été emballé par la soirée animée par Yves Vessière le 9 février 2018 à la “Fabrique Poïen”. Comme il n’est jamais trop tard pour évoquer un auteur-compositeur-interprète de cette qualité, voici son texte illustré par des photos prises par son épouse Françoise et par lui.

UN REFUGE POTENTIEL IDÉAL POUR “LA CHANSON DE PROXIMITÉ”

Je connais Yves Vessière depuis plusieurs années et ai eu la chance, habitant la même ville d’Auvergne, de suivre son parcours et ses albums. Et, bien entendu, ce qui est le plus intéressant chez ce genre d’artiste, l’évolution de ses textes et de ses mélodies et arrangements.

Si quelqu’un connaît bien la vie en usine, c’est lui puisqu’il y a travaillé toute sa vie, ne s’autorisant la musique et la chanson que comme des “violons d’Ingres”, alors même qu’il les pratique passionnément depuis 1975. Peut-être avait-il compris très tôt le côté hasardeux d’une vie artistique à plein temps ?

Peut-être cet esprit à la fois hardi et sage n’a-t-il pas cru en son propre talent au point de ne s’y risquer qu’en amateur, “fourbissant” patiemment sa guitare et ses chansons sans négliger, par goût et par admiration, de chanter Brassens et quelques autres Grands pour lesquels il s’est pris quelques ampoules aux doigts et quelques crampes au poignet, sur son instrument.

Ce soir, 9 Février, je fais une double découverte : le lieu du concert et la nouvelle forme d’accompagnement choisie par Yves.

Nous sommes à La Fabrique Poïein” dont je ne connaissais que le nom mais qui m’apparaît comme un refuge potentiel idéal pour la “chanson de proximité”, appellation chère à Michel Trihoreau.

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NOUVELLE FORMULE AVEC UN PIANISTE

Il s’agit d’une ancienne grange, bien restaurée,  bien proportionnée, adossée à une maison d’habitation. Le plafond est haut mais pleinement rassurant quand on voit l’échantillonnage des poutres qui le composent et qui, bien que neuves, sont assemblées à tenons et mortaises et chevillées bois. La poutre centrale, elle, n’est visiblement pas neuve mais son état impeccable, sa patine et sa section impressionnante montrent qu’elle  peut voir défiler encore beaucoup d’années …et plus….

 La Fabrique Poïein est un lieu privé, dédié à la culture mais la culture dans sa  forme ouverte, libre, créative, comme l’incarne le propriétaire de cette “oasis”, Gérald Casteras, ancien professeur de lettres classiques, chaleureux et simple mais dont on sent le large éventail des curiosités et une érudition considérable et pourtant sans ostentation. Je vous invite, pour en savoir plus, à découvrir  ICI  le site afin que je puisse vous conter notre soirée.

L’accueil est, à l’image du maître de céans, sympathique et amical et l’on se sent tout de suite à l’aise en apportant son écot au casse-croûte qui suivra le concert (façon “Chantappart”). La météo qui trahit tant de gens en ce moment, a causé beaucoup de défections par rapport aux réservations mais chacun reste stoïque et détendu.

En Auvergne, l’hiver est souvent significatif, même si nous ne sommes pas au Canada et ce soir, la menace de neige et de verglas n’est pas à prendre à la légère. A l’intérieur, le poêle à bois dispense déjà généreusement sa chaleur et les flammes qui dansent derrière la vitre, ajoutent au charme du lieu.

Je découvre donc Yves Vessiere “nouvelle formule”, c’est-à-dire accompagné d’un pianiste. Jusque là, Yves était le plus souvent accompagné par son “vieux” complice Marc Bargero, guitariste exceptionnel dont on peut mesurer le talent sur les 2 derniers albums.

Yves, guitariste lui-même, utilise souvent son instrument en chantant mais il a toujours su s’entourer de musiciens de haute qualité, que ce soit pour les enregistrements ou les concerts importants, ce qui ne l’empêche pas d’apporter un soin jaloux au choix de son accompagnant pour des manifestations plus conviviales.

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Marc Bargero

 

“ON SE DEMANDE” : UN ALBUM A DÉCOUVRIR

Et c’est, outre sa fidèle guitare, en piano-voix que nous retrouvons notre ami et le pianiste ne nous est pas d’avantage inconnu.

C’est Alain Régerat que nous connaissons surtout comme pianiste de jazz. Mais s’il excelle dans cette discipline, on sait qu’il a plus d’une corde à sa harpe et comme les chansons d’Yves sont souvent “jazzy”, ça devrait “le faire”, comme on dit.

Et “ça le fait” ! En commençant par une bossa de sa composition, “On aime la musique”, parfait échantillon des chansons de cet  artiste qui sait si bien allier poésie, fraîcheur et humour. La seconde, “Lui plaire encore”», est une “chanson d’amour ” si on met de côté l’autodérision et l’ironie dont elle est cousue tout du long.  Une chanson à retrouver également ICI sur youtube.

 C’est celle qui débute l’album “Patchwork”sorti en 2010. J’avoue bien volontiers que je “l’attendais au virage”, la guitare Manouche de Marc Bargero m’ayant semblé inséparable de cette chanson, par la couleur qu’elle lui apportait. Mission accomplie pour le nouvel arrangement d’Yves et pour Alain Régerat. Le piano d’Alain a su prendre sa place, comme d’ailleurs dans la bossa qui précédait.

Dans l’annonce que j’ai reçue et qui m’a attiré jusqu’ici, en dépit des injonctions alarmantes de M. Météo, le spectacle s’intitulait : « On se demande », titre du dernier album d’Yves, sorti en 2016 et salué, à sa sortie par un bel article de l’ami Michel Kemper sur le site NOSENCHANTEURS à lire ICI .

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De gauche à droite Yves-Vessière, Ludovic Legros et Marc Bargero au Pianocktail

 

AVEC IRONIE, HUMOUR ET DÉRISION

Je dis un bel article car il résume à peu près tout ce que je pense de l’artiste Yves Vessière. Et de ses chansons et de la place qu’elles devraient occuper, avec bien d’autres, si l’espace médiatique qui permet d’accéder à un public plus large n’était confisqué par les promoteurs de choses insignifiantes quand ce ne sont pas des insanités ordurières empilées en vrac dans un emballage bruyant, baptisées rapidement “rap” pour décrocher trois “victoires de la musique” le même soir : ce qui a, quand même déclenché une pétition pour réclamer leur retrait .A suivre…

Donc notre soirée s’intitule “On se Demande” et, si à notre grand plaisir, elle est majoritairement tournée vers les chansons de cet excellent album (écoutable et achetable sur son site . Yves, comme à l’accoutumée, ne s’interdit pas de nous emmener en promenade dans ses précédents albums  tels “Patchwork” en 2010 ou ” Chansons d’autres étés” en 2000, par exemple

 Yves Vessière n’est pas tombé de la dernière averse. Et l’on a plaisir à visiter ou revisiter ses œuvres antérieures, d’autant que sa maturité d’auteur est constamment consolidée par une fréquentation régulière et gourmande de la littérature, poétique entre autres.

Son regard lucide et attentif sur le monde et la société, ajouté au soin qu’il apporte à chacune de ses chansons (texte, équilibre, mélodie, arrangements) en fait, depuis longtemps des sortes de madeleines qu’on aime à retrouver périodiquement et savourer.

On n’est jamais menacé de monotonie ou d’ennui, avec cet homme. L’ironie, l’humour, la dérision peuvent tout à fait venir “dédramatiser ” une histoire qui pourrait paraître un peu sombre,  telle cette chanson qui pourrait  évoquer des parfums de Chelon et de Brel, sans ce sourire en coin … dans “Rue des soubrettes” à retrouver ICI sur youtube.  

 

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CHAQUE ALBUM PLUS RICHE QUE LE PRÉCÉDENT

Chaque chanson est une entité complètement différente de la précédente, avec ce que Jean Anglade appelle “une grande variété d’inspiration, qui passe de l’humour à la poésie, de la gravité à la tendresse, jonglant avec les mots, métissant les musiques (Jazz, tango, bossa, valse)”.

Il y a toujours un brin de sérieux dans les chansons d’Yves Vessière, même si elles sont délibérément drôles. A chacun d’aller le chercher et d’en tirer la substantifique moelle, au milieu de propos malicieux et sur une musique qui peut sembler primesautière … comme dans “La pomme de terre” à savourer ICI sur youtube.

En 2000, à la sortie de son album “Chansons d’autres étés”, la revue “Chorus, Les cahiers de la chanson” saluait l’artiste et ses musiciens par un beau coup de chapeau. Et on peut dire qu’à Chorus, ils en connaissaient un rayon en matière de chanson francophone.

Pour ma part, bien qu’amateur des chansons d’Yves Vessière depuis longtemps, je ne puis m’empêcher de trouver chaque album plus riche que le précédent, impression dont je ne saurais, bien sûr, certifier la totale objectivité. Et le dernier né des albums d’Yves n’échappe pas à cette “règle” toute personnelle.

Au total, les chansons ne sont ni plus graves ni plus drôles que dans “Patchwork”, par exemple mais peut-être certains sujets abordés sont-ils devenus plus préoccupants qu’ils ne l’étaient déjà et l’art déployé à nous permettre malgré tout d’en sourire (même jaune), me semble-t-il encore plus habile. En somme plus abouti, qu’il s’agisse des propres textes d’Yves ou de ceux  empruntés à des auteurs amis (Bernard Martin, “Vrai fils de la nation”) ou à des auteurs ou écrivains connus tels Jean Richepin, René Fallet, Raymond Devos.

Mais si la première chanson de l’album donne le ton de la dégradation des problèmes sociaux, elle est compensée par une instillation d’espoir dans les refrains .. avec “On se demande”. A découvrir ICI sur youtube.

Yves Vessiere avec Alain Regerat au piano

 

DES CHANSONS AUSSI RÉCRÉATIVES QU’INTERROGATIVES

Dès que l’on sort de la chanson purement bucolique ou de la chansonnette d’amour, certains ne peuvent retenir la question récurrente qu’on a entendue un nombre incalculable de fois pour bien d’autres artistes : Yves Vessière est-il un “chanteur engagé” ?

Certains artistes ayant usé et abusé de cette appellation, il a été plus facile pour une génération plus timorée de la “ringardiser”, au point que l’adjectif “engagé” puisse paraître ridicule, voire handicapant aujourd’hui.

Personnellement, je ne vois aucun inconvénient à considérer comme tel un artiste qui donne à tout ou partie de ses chansons un contenu “signifiant” : au sens où ce mot est le contraire “d’insignifiant” et qu’aujourd’hui les problèmes du monde ou simplement du pays, qu’ils soient sociaux ou sociétaux méritent bien quelques chansons … forme sous laquelle, résumés et condensés, ils s’impriment plus facilement dans les consciences, ce qui est un début.

Les chansons d’Yves Vessière, de ce point de vue, récréatives autant qu’interrogatives, s’inscrivent dans la ligne de Frasiak, Bobin, Lavilliers, Utgé-Royo, Chelon, Tachan, Jamait, Leprest, Boutet et bien d’autres, sans parler de leurs grands aînés.

La seule exigence qui leur est alors imposée, hormis de demeurer intéressants, ce qui est un minimum, est de rester cohérents avec eux-mêmes, ce qui n’est pas forcément évident, surtout si le succès survient.

En conclusion, nous avons passé une belle soirée à La Fabrique Poïein, retrouvé avec grand plaisir un Yves Vessière toujours aussi attachant et qui, de surcroît a gagné son pari : adapter ses mélodies à l’accompagnement piano grâce à la complicité d’Alain Régerat.

Nous avons découvert un nouveau lieu de rendez-vous artistique fort accueillant qui n’aurait besoin que d’un petit “habillage mural” pour être parfait et complètement “photogénique”.

TEXTE Henry TILLY

PHOTOS FRANÇOISE ET HENRY TILLY

SITE D’ YVES VESSIÈRE, un homme qui chante

 

 

 

 

 

 

 

 

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“ICH BEKUM A AFF” : VOLTZ-SIEFFERT, COUSINS DE DEVOS ET DESPROGES

“Pas croyable !” “J’hallucine !”, Complétement dingue !”. Ainsi peut se traduire “Ich bekum a Aff”, le spectacle vivement applaudi vendredi 2 février à l’Orgestubb de Pfaffenhoffen.

Face au public le comédien-humoriste-chanteur Christophe Voltz et son compère Gaël Sieffert, lauréat du concours D’Stimme 2017 organisé par l’OLCA (Office pour la Langue et les Cultures d’Alsace et de Moselle) et France-Bleu Elsass.

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Un spectacle filmé en vue d’un reportage dans l’émission RUND UM de FR3 Alsace

D’emblée une précision s’impose : le spectacle “Ich bekum a Aff” est synonyme de renaissance.

En effet, dès les années 2004, Christophe Voltz s’était lancé dans cette aventure scénique nourrie de ses chroniques humoristiques en alsacien diffusées sur  RFM Strasbourg. D’où diverses représentations : Caveau du Scala; Illiade; Festival Clair de Nuit; Café-théâtre Le Kafteur, etc.

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UN TANDEM D’EFFICACES COMPLICES

Évidemment, le ton et l’esprit de la version 2018 sont toujours fidèles à ses origines … grâce aux fameux monologues plein de bon sens et d’humour.

La nouveauté, c’est qu’au fil des années, la formule s’est enrichie avec les chansons de Christophe Voltz et depuis 2010 avec la participation du chanteur Gaël Sieffert.

Les deux complices ont multiplié expériences et projets, entre l’Alsace avec l’Atelier Voix du Sud organisé par le Ville de Strasbourg et Astaffort pour la création de “La Nuit d’Encontre” : intense aventure d’une dizaine de jours de création multirégionale réunissant langues de Bretagne, de la Réunion, d’Occitanie, de Corse et … d’Alsace !

Mais ce n’est pas pour autant que le tandem Voltz-Sieffert a abandonné  “Ich bekum a Aff” que j’ai eu le plaisir de découvrir en mai 2017 au Petit Théâtre d’Epfig. J’avais alors été bluffé par ces deux artistes d’une nouvelle scène alsacienne aussi talentueuse que décomplexée, en espérant que ce spectacle retienne l’attention d’espaces culturels en Alsace mais aussi ailleurs dans le monde, sous l’égide de l’Union Internationale des Alsaciens.

La détermination de Christophe Voltz (également parolier des chansons alsaciennes de Gaël Sieffert) a retenu l’attention de Jacques Schleef à l’origine du Festival Summerlied et du Club Perspectives Alsaciennes.

C’est lui qui est à l’origine de la soirée organisée à l’Orgelstubb, dans le logique prolongement d’un spectacle à domicile ayant permis à plusieurs professionnels de savourer la nouvelle version de “Ich bekum a Aff”.

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ENTRE MONOLOGUES ET CHANSONS

Débuté par Gaël Sieffert seul à la guitare pour la chanson “Schall”, le spectacle se poursuivra, ce soir-là à l’Orgelstubb, sans temps mort avec un Votz des plus à l’aise pour raconter des tranches de vie, évoquer des situations aussi inattendues que réalistes.

Et c’est avec une déconcertante facilité qu’il se glisse dans la peau d’une vieille dame dans une file d’attente à la caisse du supermarché … d’un vampire pas comme les autres … d’un nostalgique de Goldorak, Candy et Cap’tain Flam … d’une famille oubliant la grand-mère sur l’aire de stationnement d’une grande surface, ….  et la liste est très loin d’être exhaustive !

Avec Voltz on en sait enfin un peu plus sur le fameux Cac 40 devenu “Drack 40″ … et aussi sur ce qui vous attend en prenant l’ascenseur en ayant trop bu et que les gendarmes viennent vous contrôler …

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DU CÔTÉ DE DESPROGES ET DEVOS

Attention ! “Ich bekum a Aff” n’a rien à voir avec un enchainement de “blagues alsaciennes”.

Ici on navigue dans un autre univers, dans un registre à la fois plein de bon sens et d’illogisme. En l’occurrence deux repères de  “La minute nécessaire de Monsieur Cyclopède”, la célèbre émission télévisée de Pierre Desproges déclinée en 98 épisodes au début des années 80.

Assurément une référence pour Christophe Voltz qui affiche avec tout autant de spontanéité son admiration pour un autre magicien des mots : Raymond Devos. Avec une différence taille tout de même : ce spectacle est irrigué avec talent par la maîtrise, la virtuosité de la langue alsacienne par Christophe Voltz.

“Besserwisser”, “Volonté”, “Courant d’air”, “Racing”, “Agence de voyage”, “Wym em Wawe”,” “Frigo”, 14 Kinder”, “Fahne”, Cuisine”, “Strasbourg” : autant de titres de monologues qui font mouche. Qui suscitent rires et fous-rires, qui font réfléchir aussi….

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DE QUOI ENVISAGER UN ALBUM …

 Que dire de plus avoir situé l’historique de ce spectacle présenté vendredi 2 février dans une version de près d’une heure 45 minutes entre monologues, sketches et chansons ?

Les grandes bizarreries et petits travers de notre société évoquées par Voltz ne sont pas les seuls atouts de “Ich bekum aAff”. Les chansons interprétées seul par Gaël Sieffert  (Schall; E Weij; Ussenwendi) ou avec Christophe Voltz (Mamama; Sterne) offrent une couleur tout à fait particulière au spectacle à soutenir, à faire connaître.

Une autre manière d’exprimer en alsacien des sensations et des émotions aussi. De là à espérer que les deux compères enregistrent leurs chansons, il n’y a qu’un pas que je franchis allègrement.

Texte et photos ALBERT WEBER

ICH BEKUMM A AFF : Médiathèque de Hangenbieten (7 avril) et Théâtre de la Choucrouterie, Strasbourg (16 juin).

                         Texte du monologue ” Besserwisser”

Horrische Geud,

Di wo net wesse

Wesse net

Dass di wo alles wesse

Net alles wesse

Awer

Di wo mahne alles richtich ze wesse

Profedere fun dähne wi net wesse

Und gähn’ne ze glaüwe

Dass sie alles wesse

Un zälli glaüwe’s dahn

Dahn die wo net wesse

Glaüwe alles

Di sehn b’stimt sicher

Dass di wo alles wesse

Alles wesse

Awer mer kahn jo net alles wesse

Die wo mahne alles richtich ze wesse

Sähn net

Dass mer net alles richtich wesse kahn

Und die wo net wesse

Die wuche dess aü ne sähn

De richtich mittelpung’t

Ech ze wesse

Dass m’r net alles wesse kahn

Und aü wesse

Dass di wo meine alles ze wesse

E glaner wesse hahn !

Ich Bekumm a Aff !VOLZ CHOUC

 

 

BIG BAND BISCHHEIM : QUAND SE CROISENT FRANCK SINATRA, BILLIE PAUL, LIZA MINNELLI ET CORINNE GUTH

Ambiance assurée deux fois d’affilée au Cheval Blanc de Bischheim pour un concert mené tambour battant par le BBB et la chanteuse-comédienne Corinne Guth.

BBB ? Tout simplement le Big Band Bischheim dont le rendez-vous annuel aura été synonyme de (très) belles surprises savourées par les mélomanes venus en (très) grand nombre.

 

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ACCENTS JAZZY POUR PROKOVIEV

C’est entre refrains classiques et mélodies jazzy que le BBB s’est donné à fond dans cette manifestation menée à bien avec le soutien de l’Agence Culturelle d’Alsace et dédiée au tromboniste Jean-Pierre Bergmiller disparu le 25 juin 2017.   

Retenir l’attention d’un public fidèle tout en se renouvelant : pari relevé avec brio par le BBB qui a notamment mis en valeur le talent d’une convaincante Corinne Guth en qualité de récitante du célèbre “Pierre et le loup”.

Oui, c’est le conte musical pour enfants de Sergueï Prokofiev qui a offert une couleur tout à fait particulière à la première partie du concert débutée par “Ainsi parlait Zarahustra” de Richard Strauss.

C’est en se glissant dans la peau de la narratrice du fameux poème symphonique que Corinne Guth a marqué le début de soirée : un rôle assuré avec efficacité qui aura judicieusement mis en relief nombre d’instruments du BBB. Une initiative d’autant plus intéressante que cette version de “Pierre et le loup” a été proposée dans un registre jazzy sur des arrangement signés Oliver Nelson.

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UNE ÉVIDENTE INTENSITÉ VOCALE

En seconde partie, la participation de Corinne Guth a mis en évidence son talent de chanteuse. Et ici en l’occurrence celui d’interprète d’incontournables standards tels que “The best is yet to come”, “Me ans Mrs Jones” et “New-York, New-York” : trois titres qui évoquent immédiatement Franck Sinatra, Billie Paul et Liza Minelli.

Reprendre de tels refrains peut se révéler problématique si on ne dispose pas d’une voix adaptée à la puissance mais aussi à l’émotion qui en découlent. Il faut à la fois du coffre, du souffle, … en somme une évidente intensité vocale tout en s’aventurant dans un univers plus nuancé avec la reprise du tube de Billie Paul.

Autant de repères auxquels Corinne Guth a offert une talentueuse réponse entre énergie et douceur, en compagnie des musiciens du BBB sous la direction de Sylvain Dedenon, également à l’origine des arrangements des titres repris par elle.

Reste le souvenir d’une soirée synonyme d’entraînantes escapades musicales dans des univers fort variés entre Mozart, Bach et même Bernstein pour l’inoubliable “West Side Story” … sans oublier “Garaje gato”, endiablée salsa finale créée par  Gordon Goodwin.

TEXTE ET PHOTOS ALBERT WEBER

En savoir plus sur Corinne Guth via sa page Facebook et celle de Corinne et les Voyageurs officiel

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CONCOURS D’STIMME 2 : LES 10 LAURÉATS ALSACIENS SERONT 11 !

Le jury du concours de chanson en alsacien et platt s’est réuni ce jeudi 18 janvier 2018 dans les locaux de France Bleu Elsass pour choisir les dix lauréats de la 2e édition de d’Stimme du concours de chanson en alsacien et en platt.

 

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LA SÉLECTION AURA ÉTÉ LONGUE ET COMPLIQUÉE

Ils étaient 26 inscrits cette année contre 37 inscrits pour la 12ère édition.

Pour écouter les chansons, les noter et en débattre, il aura fallu 4 heures au jury composé d’artistes et de professionnels comme Matskat, Gaël Sieffert (gagnant de la 1ere édition de d’Stimme), Cathy Bernecker, Albert Weber (journaliste), Pierre Schott, Isabelle Schoepfer (directrice de l‘Office pour la Langue et les Cultures d’Alsace et de Moselle (OLCA), Sylvie Bagnuls (représentante d’Orange)

Les concurrents sélectionnés poursuivront l’aventure de d’Stimme par un enregistrement de leur chanson dans les studios de France Bleu Alsace début février : une initiative menée à bien, comme pour la 1ère édition, par Matskat et ses complices musiciens.

Les chansons seront soumises au vote du public au courant du mois de mars sur le site internet de France Bleu. Les trois finalistes pourront se produire sur la scène des Tanzmatten à Sélestat, soirée où sera annoncé LE grand gagnant.

La sélection aura été longue et compliquée. Il ressort qu’au final ce seront 11 candidats qui poursuivront l’aventure de d’Stimme, les deux derniers étant arrivés ex aequo. Les 11 onze lauréats sont

  • Cadillac Lilou (Aurélie Diemer)
  • Katia Criqui
  • Julien Hachemi
  • Mister Lucky (Luc Lemenu)
  • Patrick Osowieki
  • Paddy K. (Patrick Kawski)
  • Serge Rieger
  • Arnaud Rosfelder
  • Stichling (Joseph Spinali)
  • Gilbert Troendlé
  • Christophe Voltz

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UN CONCOURS ORGANISÉ PAR FRANCE BLEU ELSASS ET L’OLCA

Les lauréats feront l’objet d’une médiatisation sur les ondes de FRANCE BLEU ELSASS ET AUSSI FRANCE BLEU ALSACE ET FRANCE 3 ALSACE.

La finale de la 1ère édition a été organisée samedi 10 juin à Sélestat aux Tanzmatten à Sélestat devant une salle comble : un sacré événement pour qui s’intéresse à la chanson alsacienne. Et plus globalement à la culture alsacienne dont la chanson est (évidemment) une des facettes les plus populaires).

D’où l’importance de la médiatisation de la chanson alsacienne grâce à ce concours à l’heure où l’Alsace se retrouve intégrée dans un Grand Est en compagnie de la Lorraine, de la Champagne et des Ardennes. En découlent diverses remises en question de la place de l’Alsace dans ce vaste puzzle, dont l’Appel des 100 lancé par quatre associations  : l’Initiative citoyenne alsacienne, Culture & Bilinguisme, le Club Perspectives alsaciennes et Avenir Région d’Europe. Cet “Appel pour une nouvelle Région Alsace ” réunit une centaine de personnalités alsaciennes du monde de la culture (dont plusieurs du monde de la chanson d’Alsace), de l’économie, des sciences, du droit, du sport, etc.

Ce concours est organisé par France Bleu Elsass et l’OLCA avec le partenariat du Crédit Mutuel, d’Orange, Café Reck, la SACEM, les Tanzmatten, la Ville de Sélestat et France 3 Alsace.

 

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ÉVITER D’ENFERMER LA CHANSON ALSACIENNE DANS UN GHETTO

Dans cet article consacré à la 2ème édition de D’Stime, pas question de se lancer dans de longues considérations sur le Grand Est mais tout simplement de se réjouir avec force de l’existence  et de la reconduction d’un tel concours si intensément enraciné dans l’identité alsacienne.

Car il est évident que culture et identité ont trop souvent méprisées/reniées/anesthésiés  par la France et l’Allemagne qui ont tenté de la mettre au pas, voire de l’étouffer définitivement au gré d’une tragique Histoire synonyme de perpétuelles tentatives d’assimilation forcée.

D’où l’importance d’un tel événement artistique. Car il contredit avec professionnalisme les oiseaux de mauvaise augure (et de mauvaise foi) qui se complaisent à ringardiser et à sous-estimer la détermination de ceux qui chantent en alsacien.

Reste qu’un plus grande programmation de chansons alsaciennes serait assurément la bienvenue sur la webradio France Bleu Elsass qui diffuse aussi nombre de chansons françaises, anglaises et également allemandes … plutôt du genre Schlager que dans le registre de Reinhardt Mey ou Hannes Wader par exemple.

La grande diversité des chansons alsaciennes enregistrée au fil des décennies dans les registres les plus variées mérite sans aucun doute une mise en évidence grandissante sur France Bleu Elsass.

Les lauréats sélectionnés pour ce 2ème concours bénéficieront d’une médiatisation sur la webradio ET AUSSI sur France Bleu Alsace : une excellente décision prise par Hervé de Haro, directeur de deux stations. Cela évitera une regrettable forme de ghettoïsation pour les 11 lauréats de cette nouvelle édition dont les chansons sont destinées AU GRAND PUBLIC D’ALSACE.

Albert WEBER

VOIR ICI UNE VIDÉO DU JURY

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BARBARA ENTRE PLUME ET PINCEAU AVEC CLAUDE FÈVRE, HÉRAN ET LAURENT VIEL

Tout ou presque a évidemment été dit et écrit sur Barbara décédée le 24 novembre 1997. S’il est évident que nombre de livres ont paru à l’occasion du 20ème anniversaire de sa disparition, il en est un qui me tient particulièrement à cœur à double titre. Explications.

 Certes, j’en connais l’une des signatures, mais j’ai surtout envie de vous parler de ce livre de 96 pages car il est assurément très différent de la bonne vingtaine d’ouvrages consacrés au cours de l’année 2017 à la “dame en noir”.

A vrai dire, il faudrait nuancer cette expression qui lui colle tant à la peau, comme l’écrit Calogero dans sa préface : “Je me suis rendu compte que son univers n’était pas si sombre, qu’il y avait de la lumière dans Barbara. Celle qu’on appelle “la dame en noir” est pour moi un puissant soleil. C’est lumineux le noir, c’est ma couleur préférée”.

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UN LIVRE TRÈS PERSONNEL ENTRE ANECDOTES ET CONFIDENCES

Premier constat : ce livre ne se résume pas à une série de coups de projecteurs sur la vie et sur l’œuvre de Barbara. Les textes de Claude Fèvre en disent long – entre anecdotes et confidences – sur sa propre approche, voire appropriation des thèmes distillés au gré des chansons qui sont mises en images, page après page, par le dessinateur Jean-Marc Héran.

Idem pour le comédien-chanteur Laurent Viel qui éclaire, lui aussi, de touches très personnelles Babara. D’autant plus qu’il lui a déjà consacré un spectacle … ce qui est d’ailleurs également le cas de Claude Fèvre, intense passionnée d’une artiste à laquelle elle donne vie avec une passion communicative.

Chacune des 43 chansons mise en valeur (un texte et un dessin sur chaque double page), c’est en quelque sorte un chapitre de la vie de Barbara qui nous est offert.

Mais attention, ici pas de morne et fastidieuse chronologie mais une série d’arrêts sur image sur des tranches de vie : autant d’instants vécus au gré des rencontres, séparations, retrouvailles, projets et voyages, concerts et moments de solitude aussi.

 

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LOIN D’UNE CATÉGORIE RÉSERVÉE À L’ÉLITE INTELLECTUELLE

Bien plus qu’un livre sur Barbara, c’est à mon sens un ouvrage sur une certaine époque d’une chanson française exigeante et pourtant de plus en plus ouverte et appréciée par le grand public, et pas seulement pour “L’aigle noir” !

Claude Fèvre – dont les lectures musicales mettent notamment en relief les fameuses mémoires interrompus de Barbara – connait assurément TRÈS bien les multiples facettes de la chanteuse.

De là à consacrer une page à la chanson créée sur scène par Claude François (mais oui !), il y a un pas franchi allègrement à propos de “Même si tu revenais” … en lançant diverses passerelles entre Barbara et Johnny Hallyday, Jean-Jacques Debout, Julien Clerc, Régine, France Gall, Serge Gainsbourg,, Sylvie Vartan, etc.

“On la verra souvent à la télévision se prêter à des duos” raconte Claude Fèvre en précisant : “Barbaba aimait cette chanson, ces “variétés”, ces rengaines. Elle aimait ce monde de paillettes, de strass… celui de la rive droite, du “miousic hall” comme elle l’écrit dans ses Mémoires, celui de la déferlante yé-yé qui dévore tout au moment où elle émerge avec ses propres chansons. C’était là son premier rêve d’adolescente”.

D’où ce constat qui en dit long sur l’inconfortable situation de Barbara vécue/subie en permanence dans le “monde de la chanson” : “Elle ne cessera jamais de s’opposer au portrait que l’on fait d’elle et qui l’enferme dans une catégorie réservée à l’élite intellectuelle”.

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Un dessin qui tient particulièrement à cœur à Jean-Marc Héran avec clin d’oeil à Cabu

 

 APRÈS BRASSENS, RENAUD, BREL ET JOHNNY

Un mot enfin sur l’originale collection “Plume & Pinceau” dirigée par Jean-Marc Heran.

En effet, il avait déjà consacré le même type de publication à Brassens en 2013 avec Jean-Paul Sermonte; Renaud en 2014 avec Baptiste Vignol puis  Brel avec Bruno Brel. Et enfin en 2015 Johnny Hallyday avec Michel Kemper, créateur du site Nos enchanteurs, le quotidien de la chanson.  Un site dont Claude Fèvre fut une des signatures avant de fonder Chanter, c’est lancer des balles.

Et dire que ce livre sur Barbara a failli ne pas être publié puisque les Éditions Carpentier ont déposé le bilan fin 2016 juste avant sa sortie !

Il faudra attendre cette année 2017 pour que sous l’impulsion d’Olivier Wright, responsable des éditions Ramsay, la société EDIGROUP crée la marque d’édition Plume&Pinceau !

Son pari ? Rééditer les précédents albums et continuer la défunte collection “Chansons à la plume et au pinceau” en l’élargissant, à terme, à d’autres domaines que la chanson (théâtre, cinéma…).

Mission accomplie avec brio en faveur de Barbara.

Reste une interrogation : et qui sera donc le (la) prochain(e) artiste sur la liste de Jean-Marc Héran ?

 Albert WEBER

Plume&Pinceau, le site de Jean-Marc Heran

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