L’impressionnante liste des festivals annulés en France cette année a été partagéE de nombreuses fois, suite à sa publication sur ma page Facebook. Et c’est pas fini…

Cette liste, je l’avais relevée sur le blog du Doigt dans l’oeil de Norbert Gabriel

 Sans me complaire dans la diffusion de telles infos, il faut tout de même être réaliste : ça ne s’arrange pas en France, et ce qui se passe chez nos voisins suisses et québécois est tout aussi inquiétant. Dernier exemple en provenance de la Suisse …

“LA CULTURE SUISSE ET VALAISANNE SE GLOBALISE”

En témoigne le long texte paru lundi 25 avril sur la page Facebook du Festival Mase m’enchante.

 Ce weekend, nous avons du prendre une importante décision !
 
Malgré toutes les tentatives jusqu’au dernier moment, nous ne sommes pas parvenus à réunir le minimum de fonds nécessaires pour assurer au minimum les cachets et la technique.
 
Nous avons déjà personnellement beaucoup investi ces trois dernières années et nous ne pouvons plus subvenir et assurer le manque à gagner.
 
Cette semaine encore, deux de nos principaux sponsors nous ont informé avec regret mais de manière nette que cette année ils ne pouvaient nous aider….
 

“CULTURE : LA POLITIQUE DES PAILLETTES”

 
La Culture Suisse et Valaisanne se globalise. Depuis quelques années, on constate une nette diminution des aides à la culture et spécialement à la diffusion de la musique dite à tort populaire.
 
Les subventions allouées sont en majorité absorbées par des évènements sans âmes, loin de l’approche locale des petits festivals.
 
Ces petits festivals locaux qui souvent mettent l’accent sur la qualité et la nouveauté de la programmation et cherchent à impliquer au maximum l’humain et leur environnement.
 
Que des sponsors privés recherchent un retour sur investissement en ayant une bonne visibilité nous comprenons mais que des institutions de fond publics ou gouvernementaux subventionnent des grosses machines pour pouvoir dire qu’ils y sont… ce n’est pas normal.
 
Leur mission est l’encouragement à la création, à la production et la diffusion de la culture.
 

 “LA CULTURE EST UN MOYEN DE RÉUNION, DE COHÉSION ET DE FORMATION DE LA POPULATION”

 
Par ces temps perturbés, où la personne s’isole de plus en plus, la culture est un moyen de réunion, de cohésion et de formation de la population.
 
C’est avec tristesse que l’on voit s’envoler une année de travail mais nous sommes contraints d’annuler le festival 2016.
 
A vous tous qui nous avez fait confiance, qui avez cru en notre beau projet, nous ne pouvons que vous remercier de nous avoir donné des moment d’espérance en un beau festival et nous vous assurons que nous ne vous oublions pas et qu’on se retrouvera
 
Le festival 2016 est mort !
 
Vive le festival 2017 ?”.
 
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AUCUN FESTIVAL N’EST PLUS A L’ABRI

 Un mot en guise de conclusion : il est tout à fait évident que la motivation d’une poignée de bénévoles est bien faible face aux réalités économiques. 

Aucun festival, même s’il  s’inscrit dans une (très) longue histoire, n’est plus à l’abri du danger suscité par une baisse de subventions et d’abandon de sponsors.

Un exemple parmi tant d’autres : la fin du Festival Alors Chante ! à Montauban et sa renaissance ailleurs en ce mois de mai. En effet, comme annoncé sur son site Alors CHANTE ! fête sa 30ème édition, et sa 1ère édition à Castelsarrasin du 2 au 7 Mai 2016.
 
Selon les organisateurs c’est “un nouveau départ avec un nouveau public, des lieux inédits et une formule enrichie qui porte tou­jours la même ambition : défendre la diversité et la créativité des musiques francophones”.
 
Pour un exemple de “renaissance”, combien de disparitions définitives ?
Et encore dans le cas de Alors Chante ! se pose la question du passif financier de 2015… à régler.
 
 
Partout s’allument des clignotants rouges en France et dans l’espace francophone comme la disparition du festival ChanteauFête au Québec au bout de 15 éditions.

En Suisse, la Médaille d’Or de la Chanson organisée à Saignelégier, a elle aussi, été confrontée à une baisse de budget en 2016. 

Mais l’édition 2016 a tout de même eu lieu, notamment marquée par la remise d’argent aux lauréats : 1500 francs suisses au groupe Boule; 1 200 francs suisses au groupe Danny Buckton Trio et 900 francs suisses au groupe Makja. Plus 150 francs suisses aux trois autres finalistes non classés dans le peloton de tête : Fabien Boeuf, Laurence-Anne et Les Fils du Facteur.

 Le fait que de telles sommes d’argent (plus prises en charge du transport) soit en jeu n’est peut-être pas étranger à l’affluence de candidatures encore envoyées cette année au comité organisateur présidé par Fabrice Gélin. Soit une centaine de demandes pour 15 artistes et groupes retenus au final …
 
Reste désormais à prévoir le déroulement de la 50ème édition prévue fin avril 2017 à Saignelégier. Une date anniversaire pour cet événement né voici un demi-siècle sur la base de revendications politiques et linguistiques.
 
Il est tout de même incroyable que face au rouleau compresseur de la culture internationale, les pouvoirs publics (France, Suisse, Québec, etc) agissent de plus en plus de la sorte face aux festivals ayant (encore) une âme.
 
Albert Weber