Un concert qui vous prend au cœur, des paroles et des mélodies qui vous font décoller, des ambiances planantes offertes avec virtuosité et décontraction. Bienvenue chez Pierre Schott en concert unique – à tous les sens du terme – samedi 8 décembre à Poutay.

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Seul avec sa guitare et son fameux “looper” maitrisé avec brio, Pierre Schott a offert du bonheur à la cinquantaine de personnes d’un concert privé.

Privé car réservé aux membres du Club ouvert voici plus d’une année par Jaki Koehler à Poutay, près de Schirmeck, dans la vallée de la Bruche.

Du bonheur ?

Oui, car on sort d’un tel concert avec un sentiment de bien-être, une sensation de dépaysement, un ressenti plein de sérénité.

Prenez donc le temps d’écouter un seul des huit albums enregistrés entre 1992 et 2018 par cet auteur-compositeur- interprète d’Alsace et vous comprendrez de quoi je vous parle.

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 FAIRE PLAISIR ET SE FAIRE PLAISIR

Enraciné dans une vingtaine de titres puisés dans ses huit albums, le répertoire de ce soir-là à Poutay s’est aussi promené en toute liberté du côté de Hendrix et Marley pour des reprises “à la Schott”.

En l’occurrence des titres frôlant ou dépassant largement les 7 à 8 minutes. En prenant le temps de faire plaisir au public et de se faire plaisir aussi … en affichant une évidente satisfaction à prolonger une sorte d’état de grâce, ou d’état second quand on se laisse embarquer dans des ambiances aussi douces qu’intenses.

Débuté par “Le Blues des lagons bleus”, le concert s’est déroulé sur une vingtaine de titres en français et anglais, soit deux bonnes heures, face à un “chaleureux public sans oublier Christophe pour son sound system exceptionnel” comme précisé par l’artiste.

L’évidente complicité avec les spectateurs allait de pair avec une indéniable aisance scénique.

 Et c’est avec plaisir que je peux affirmer : « Le seul concert de Pierre Schott en 2018 ? J’y étais ! »

Oui c’est incroyable mais vrai : un des plus talentueux artistes d’Alsace s’aventure très peu, trop peu sur scène.

Pourquoi ?

Peut-être l’envie d’agir comme bon lui semble, sans pression de qui que ce soit. Et aussi une question de caractère car Schott aime tout simplement la liberté

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UN CRÉATEUR BIEN DANS SES BASKETS

C’est vrai qu’il “voyage en solitaire” dans le milieu artistique de sa région natale, exception faite de son active présence de trompettiste anonyme dans la Société de musique d’Entzheim.

Mais ceci est une autre facette de la, ou plutôt des passions musicales de cet artiste à l’âme d’artisan. Un créateur bien dans ses baskets, heureux de se balader quand ça lui chante dans un envoûtant univers qui lui colle si bien à la peau.

Et voilà pourquoi qu’on l’affuble si (et trop) souvent du surnom de “JJ Cale d’Alsace”.

Que voulez-vous ?

Pas évident de définir le “son Schott’ distillé album après album, d’où l’importance d’y offrir des éléments de comparaison. D’où la fameuse étiquette qui, plus que jamais, tient la route avec “GRINGO”, son dernier album sorti en avril 2018.

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Mars 1987. Olympa en 1ere partie de Niagara. Photo collections Pierre Schott et Christian Fougeron

 

SCHOTT-FOUGERON : A CHACUN SA VOIX/VOIE DEPUIS RAFT

“Il est libre Pierre Schott “?

Oui car il avance tout simplement EN TOUTE SÉRÉNITÉ selon son cœur et son inspiration.

Assurément une autre existence que celle de Christian Fougeron. Lui, il remplit les Zénith et autres scènes françaises suisses et belges avec ses camarades abonnés aux tubes des années 80.

Et, régulièrement, il fait danser l’enthousiaste public qui raffole du tube de Raft, le duo qu’il formait avec Pierre Schott.

Oui, à chacun son destin, et ces deux choix de vie sont totalement justifiés et justifiables. Car chacun a totalement raison de vivre sa vie d’artiste comme il veut ou comme il peut.

D’où cependant une interrogation.

Oui, qui peut affirmer que Christian Fougeron n’aurait pas, lui aussi, envie d’offrir ses nouvelles chansons au public ? Mais il est vrai que les refrains de la nostalgie attire évidemment bien davantage les foules que  les nouvelles chansons des  vedettes du Top 50, non ?

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“LIBÉRATION” : DOUBLE PAGE CULTURE POUR “L’ALSACIEN DU NOUVEAU MONDE”

Une évidence s’impose. On peut compter sur les doigts d’une main les chanteurs et chanteuses d’Alsace qui ont inspiré une double page au journaliste-écrivain Bayon dans la rubrique Culture de “Libération” (23 mars 1998).

Hé oui !

Mais malgré l’abondante presse nationale suscitée par ses premiers albums solo, pas question de coller le mot “carrière” sur la vie de Pierre Schott.

Parlons plutôt de parcours artistique pour celui qui n’a jamais été intermittent du spectacle mais auteur-compositeur-interprète, même du temps de Raft.

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La première fois que je l’ai vu sur scène ?

C’était à Paris en 1988, lors de la réception du 14 juillet offerte par le Ministère des DOM-TOM dans ses vastes jardins du 7eme arrondissement. Le duo Raft s’y produisait dans une soirée à laquelle participaient aussi Zouk Machine et Tanya Saint-Val.

Puis nos routes se sont de nouveau croisées quelques années plus tard. Bien après “Y a qu’à danser” et “Femmes du congo” ….

A plusieurs reprises, les albums de Pierre Schott ont été mis en relief dans le trimestriel Chorus, les cahiers de la chanson.  En juin 1993, en guise de titre pour un portrait de deux pages, je l’avais surnommé « L’Alsacien du Nouveau Monde », allusion à son premier album solo.

Puis Chorus a aussi publié des chroniques de plusieurs opus : “Le nouveau monde” (janvier 1993), “Le retour à la vie sauvage” (mars 1995).

Et également et “Le milieu du grand nulle part” dans le numéro de juin 1998 avec à la une Alain Bashung pour un dossier de 22 pages et aussi un autre dossier consacré à Roger Siffer sur 5 pages. 

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PAS UN CHANTEUR, MAIS UN HOMME QUI CHANTE

Au fil des décennies, Pierre Schott est resté égal à lui-même avec l’envie de continuer à composer à jouer de la musique. Et à chanter quand il en a envie.  Sans se prendre la tête.

S’y ajoute évidemment le besoin de pédaler régulièrement sur les routes et chemins de France, y inclus divers cols de montagne. Sans doute histoire de se retrouver seul sur son vélo et de continuer à voyager en solitaire.

Hé oui, il est comme ça, et je crois bien qu’il n’est pas prêt de changer. Les enthousiastes du Club de Poutay ne s’y sont pas trompés avec cet artiste rare à tous les sens du terme.

 Car je crois bien que Pierre Schott n’est pas un chanteur mais un homme qui chante.

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 Texte et photos Albert WEBER

SITE DE PIERRE SCHOTT

PAGE FACEBOOK DU CLUB DE POUTAY

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Vue partielle du Club de Poutay

 

 

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